| PREVERT UN POETE : SEQUENCE DE 6EME (FIN D’ ANNEE ) . DOMINANTE LANGUE : ETUDE DES FORMES VERBALES AU SERVICE DE LAPOESIE DE PREVERT.
Préalables : Une séquence sur la poésie classique (avec révisions des règles de versification et de métrique) aura eu lieu auparavant. Les élèves connaîtront les notions de métaphore et de comparaison ainsi que l’anaphore. Le lien avec la Polynésie se fera à travers l’étude de la langue car bien sûr l’auteur n’est pas concerné par la Polynésie et un seul auteur est étudié.
OBJECTIFS : -avoir une approche d’un poète plus moderne, de la spécificité de son univers, de la poésie non versifiée. -étudier les formes verbales dans ces textes où elles apparaissent dans leur diversité dans la mesure où elles sont au service de l’expression poétique spécifique qu’est Jacques Prévert. Un parallèle avec le fonctionnement des formes verbales en reo mā’ohi est bien sûr prévu.
POINTS DE LANGUES: -la poésie libre (non versifiée) -la polysémie -l’effet de surprise, créateur d’un climat poétique. - LE VERBE : -les verbes avoir et être, comme auxiliaire ou verbe à part entière. -le participe passé. -la notion de conjugaison dans le cadre de l’indicatif et du conditionnel. -l’impératif. -l’infinitif. -le participe présent et le gérondif.
TEXTES ETUDIES : -Les animaux ont des ennuis. -La bonne aventure. -Le chat et l’oiseau. -Chanson des escargots qui vont à l’enterrement. -Chanson pour chanter à tue-tête et à cloche-pied. -En sortant de l’école.
SEANCE 1 (2h) :
Activités dominantes : lecture et étude de la langue
Préalable : Le professeur rappelle qu’en tahitien la fin du verbe ne change jamais (pas de marque de conjugaison et qu’un même mot selon qu’il est précédé d’une particule verbale ou d’un article peut être verbe ou nom. Exemple : « hīmene » qui peut signifier « chanter » ou « le chant », ou « qui aime chanter ». En tahitien on peut trouver Ua hīmene te tamari’i i te mau hīmene : les enfants ont chanté de nombreux chants. » On peut aussi entendre ou lire : « E mea hīmene tera ta’ata : cette personne chante beaucoup : mot à mot « c’est quelqu’un « chantant » cette personne. » Un mot habituellement employé comme nom, exemple « hepetoma » : la semaine, peut se transformer en verbe : « Ua hepetoma ratou i Moorea : ils ont passé une semaine (il faudrait dire « semainisé » si l’on veut transformer en français un nom en verbe ) à Moorea.
Il est précisé aux élèves qu’ils vont à la fois s’intéresser aux qualités poétiques des textes et à ce qu’apportent les formes verbales aux textes. Jacques Prévert est rapidement évoqué, on indique qu’il a aussi travaillé pour le cinéma et qu’il a vécu au 20ème siècle : il est mort en 1976.
Objectifs : -travailler sur la notion de vers libre. -sur le jeu de mot et les paronymes. -sur les « surprises » dans le texte. -sur l’impératif. Distribution du poème : Les animaux ont des ennuis.
Le pauvre crocodile n’a pas de C cédille On a mouillé les L de la pauvre grenouille Le poisson scie a des ennuis Le poisson sole Ça le désole
Mais tous les oiseaux ont des ailes Même le vieil oiseau bleu Même la grenouille verte Elle a deux L avant l’E
Laissez les oiseaux à leur mère Laissez les ruisseaux dans leur lit Laissez les étoiles de mer sortir si ça leur plaît la nuit Laissez les p’tits enfants briser leur tirelire Laissez passer le café si ça lui fait plaisir
La vieille armoire normande Et le vache bretonne Sont parties dans la lande en riant comme deux folles Les petits veaux abandonnés Pleurent comme des veaux abandonnés
Car les petits veaux n’ont pas d’ailes Comme le vieil oiseau bleu ils ne possèdent à eux deux Que quelques pattes et deux queues
Laissez les oiseaux à leur mère Laissez les ruisseaux dans leur lit Laissez les étoiles de mer Sortir si ça leur plaît la nuit Laissez les éléphants ne pas apprendre à lire Laissez les hirondelles aller et revenir.
Tout d’abord, il convient d’observer la typographie et les caractéristiques des vers ( puisqu’on constate d’emblée la disposition en strophes et en vers.) Les strophes sont inégales, les vers ne riment pas toujours mais il y a des anaphores et des répétitions. Certains élèves remarquent l’absence de ponctuation. On introduit donc la notion de « vers libre ».
L’enseignant demande aux enfants de chercher, à part les procédés connus et les « assonnances » (mot à définir) pourquoi ce texte est un poème. Les jeux de mots sont repérés ainsi que des métaphores « loufoques » (le mot d’une déformation du mot « fou »).On remarque aussi la surprise de la « fausse comparaison » : les petits veaux abandonnés » : « comme des petits veaux abandonnés ». Le professeur de tahitien pourra rappeler l’existence du « duel », qui existait en ancien français mais a disparu du français contemporain et existe en tahitien : « ils ne possèdent à eux deux » se traduirait par une expression comportant « raua » : eux deux (pronom personnel duel de la 3ème personne.)
Les jeux de mots sur le son [s] qui se traduit en français de plusieurs façons et n’existe pas en tahitien sont intéressants (l’alphabet phonétique est connu ), ainsi que ceux sur [l] et « ailes ». On prévoit un rappel sur la cédille (verbes apercevoir, remplacer) et cela conduit à parler de la conjugaison, des modes. Il est demandé aux élèves de trouver quel est le mode le plus employé dans ce texte : l’impératif (avec l’anaphore de « Laissez »). Il s’agit d’ailleurs plus d’un conseil que d’un ordre. C’est un message de liberté. On constate la construction avec un nom ou un nom +infinitif ( il est inutile en 6ème d’introduire la notion de proposition infinitive) : « Laissez les oiseaux à leur mère » mais « laissez les étoiles de mer sortir ». L’infinitif indique l’action et modifie un peu le sens du verbe « laisser » signifie ici « donner la permission » et non « faire rester ». Rappel sur les paronymes ( déjà vus) : « sole », désole » [s] et[z], petites recherches d’autres paronymes. En tahitien les paronymes sont très nombreux à cause du [h] et du [ ?] (éta) qui interviennent dans la prononciation. Exemples « poe » : la perle, « po’e » : le gâteau d’amidon, « pohe » : la mort etc…
Il sera intéressant de rajouter que l’adjectif « vieil » : « vieil oiseau » bleu (variante masculine euphonique de « vieux »), se rapporte plutôt au mot « conte », sous-entendu, qu’à « oiseau ». C’est le conte qui est ancien, l’oiseau est en fait un jeune prince. Il convient de remarquer la petite connotation familière (niveau de langue) : « p’tits enfants » Si le temps restant le permet, lire ce conte de l’Oiseau bleu ou le raconter. Rappeler les mœurs des hirondelles, oiseaux migrateurs de l’hémisphère nord.
Travail entre deux séances :
Rédigez au brouillon six vers libres qui commencent par l’anaphore « Laissez » en essayant de jouer sur la surprise.
SEANCE 2 :
Activité dominante : oral Objectifs : -travail à l’oral (choix des meilleurs textes.) -révision de l’impératif.
Les enfants lisent leur brouillon, on choisit les deux meilleurs textes : les plus surprenants. Ils sont recopiés au propre sur le cahier. Les autres personnes de l’impératif sont révisées (spécialement le 2ème du singulier des verbes en –er : « mange » sans –s final).
En tahitien, le professeur pourra faire revoir l’impératif qui commence par la particule « A » : A rave ta’oe ohipa: fais ton travail. Si l’on veut adoucir l’ordre, on emploie la particule « na » : « A hōro’a mai na i te pape : donne moi de l’eau s’il te plaît. »
Travail entre deux séances :
Lire La bonne aventure, trouver quel est le mode et le temps le plus employé, chercher un jeu de mot et un paronyme.
La bonne aventure
-Et quand je serai grande, dit la petite fille -Tu resteras petite, dit le chat. -Alors je serai naine, dit la petite fille inquiète. -Non dit le chat, tu seras reine, reine de tes rêves et tu deviendras une femme en restant une enfant. -Je serai belle, dit la petite fille. -Oui, dit le chat. -Vous dites ça pour me faire plaisir, dit la petite fille. -Non, dit le chat mais cela te sera utile. Merci, chat, je reviendrai l’année prochaine, dit la petite fille. -L’année prochaine ! Tu vois, c’est tout simple, toi aussi tu prédis l’avenir, dit le chat.
SEANCE 3 :
Activités dominante lecture et étude de la langue.
Objectifs : -trouver ce qui rend ce texte poétique. -réviser le futur.
Tout d’abord, avant même de corriger le petit travail à la maison, l’enseignant demande aux élèves quelle est la ponctuation de ce texte. Ils trouvent les tirets et les points à la fin de chaque phrase. C’est donc un dialogue et l’on fait constater que les propositions incises sont toujours les mêmes (avec le verbe « dire ») ce que l’on proscrit dans les rédactions. Ici c’est une marque d’oralité, de langage enfantin. Il est intéressant de demander aux élèves si c’est le chat de la petite fille. Les avis sont partagés mais en observant les pronoms, on constate que la petite fille vouvoie le chat, l’appelle « chat » comme si c’était un nom en apostrophe et que le chat la tutoie. Rappel sur l’absence de « vous » de politesse ou de majesté en tahitien, le « vous est toujours pluriel et l’on peut tutoyer avec beaucoup de respect un illustre interlocuteur. Le mot mis en apostrophe est encadré par deux « e » dont le deuxième est long E pi’ifare ē : chat, (ou ô chat!).
En fait ce chat, elle le consulte en quelque sorte : « je reviendrai l’année prochaine.». Il est indispensable de se demander pourquoi : pour connaître l’avenir. Là on voit que les verbes sont au futur de l’indicatif. Un élève conjugue être au tableau et les terminaisons du futur sont révisées. Le jeu de mot sur « grande » est repéré ainsi que les paronymes « naine » et « reine » (rappel sur les différentes façons de noter [e] ainsi que sur l’existence des sons ouverts et fermés ). Comme dans les contes et les fables l’animal parle et cela contribue à la poésie et à l’atmosphère un peu mystérieuse de ce court poème qui ressemble à une comptine à cause de la répétition des propositions incises.
On fait jouer le texte par deux ou trois « couples » d’élèves.
Travail entre deux séances :
Lire Le chat et l’oiseau, se demander ce qui est surprenant dans ce texte. Le formuler au brouillon. Trouver le mode et le temps le plus employé.
Le chat et l’oiseau
Un village écoute désolé Le chant d’un oiseau blessé C’est le seul oiseau du village Et c’est le seul chat du village Qui l’a à moitié dévoré Et l’oiseau cesse de chanter Le chat cesse de ronronner Et de se lécher le museau Et le village fait à l’oiseau De merveilleuses funérailles Et le chat qui est invité Marche derrière le petit cercueil de paille Où l’oiseau mort est allongé Porté par une petite fille Qui n’arrête pas de pleurer Si j’avais su que ça te fasse tant de peine Lui dit le chat Je l’aurais mangé tout entier Et puis je t’aurais raconté Que je l’avais vu s’envoler S’envoler jusqu’au bout du monde Là-bas où c’est tellement loin Que jamais on n’en revient Tu aurais eu moins de chagrin Simplement de la tristesse et des regrets
Il ne faut jamais faire les choses à moitié.
SEANCE 4 :
Activités dominantes : lecture et maîtrise de la langue
Objectifs : -revoir le présent de narration. -le participe passé employé comme adjectif et en composition avec un auxiliaire, y compris au conditionnel. -découvrir le côté surprenant de la morale.
Tout d’abord il semble important d’interroger les élèves sur les personnages en présence : le chat, l’oiseau (très vite mort) mais aussi « le village » ( terme collectif ) et la petite fille. Quelqu’un fait remarquer que seul le chat parle mais qu’il n’y a pas de marque de dialogue. Tout le texte est présenté de façon uniforme sans ponctuation, à part le point final et une majuscule à chaque début de vers. Le dernier vers est « à part ». Comme les morales de La Fontaine, dit un élève (on le souffle s’ils ne le trouvent pas).
Le temps principal est le présent de l’indicatif sauf quand le chat parle. Les enfants voient très vite qu’il ne s’agit pas d’un présent d’actualité mais d’un présent de narration. La temporalité est d’ailleurs bousculée (ellipse temporelle) dans ce texte puisqu’on passe du chant final de l’oiseau blessé à son enterrement (ce qui gomme l’effet de réalité.) Il convient de se demander aussi s’il est bien « vraisemblable » qu’il n’y ait qu’un seul oiseau et un seul chat dans un village et que tout un village suive l’enterrement de l’oiseau, y compris le chat, responsable de sa mort. C’est ce côté invraisemblable qui permet la morale (sans cela cruelle) faite au présent de vérité générale comme une maxime « Il ne faut jamais […] », de faire rire car elle est inattendue. Le professeur rappellera que le participe passé peut être employé seul « désolé », « blessé » et entre dans la composition des verbes « a dévoré », « est invité ». Le discours du chat évoque un fait irréel et passé « Si j’avais su […] je l’aurais mangé. On revoit le conditionnel, lié à une action irréalisable et passée : l’irréel du passé, vu dans une autre séquence). Il sera intéressant de constater que le chat regrette de ne pas avoir fait un « pieux mensonge » mais pas d’avoir mangé l’oiseau. Expliquer cette expression.
Travail entre deux séances :
Un personnage a fait une sottise : exemple : il a mangé tous les gâteaux et ses frères et sœurs n’en auront pas, ces derniers sont très déçus et frustrés. Racontez au passé composé (en employant aussi deux participes passés, équivalents d’adjectifs) son méfait et les conséquences de son acte. Ce personnage prendra la parole à la fin et exprimera dans une ou deux phrases des regrets en commençant sa première phrase par « Si j’avais su ». Au brouillon.
SEANCE 5 :
Activité dominante : expression écrite.
Objectifs : -rédiger correctement un petit récit au passé composé et employer l’irréel du passé.
Mise au propre, avec l’aide de l’enseignant, de cette rédaction.
Travail entre deux séances :
Relire les trois textes déjà vus et le cours sur le cahier.
SEANCE 6 (2h)
Objectifs : -étudier l’anthropomorphisme dans ce poème. -opposer présent de narration et présent d’énonciation. -l’infinitif de narration
Activité dominante : 1ère heure : oral, 2ème heure lecture et maîtrise de la langue.
-Compte- rendu des rédactions. Quelques volontaires liront leur devoir. Un texte bien réussi sera copié sur le cahier. -Lecture de Chanson des escargots qui vont à l’enterrement.
A l’enterrement d’une feuille morte Deux escargots s’en vont Ils ont la coquille noire Du crêpe autour des cornes Ils s’en vont dans le soir Un très beau soir d’automne Hélas quand ils arrivent C’est déjà le printemps Les feuilles qui étaient mortes Sont toutes ressuscitées Et les deux escargots Sont très désappointés Mais voilà le soleil Le soleil leur dit Prenez, prenez la peine La peine de vous asseoir Prenez un verre de bière Si le cœur vous en dit Prenez si ça vous plaît L’autocar pour Paris Il partira ce soir Vous verrez du pays Mais ne prenez pas le deuil C’est moi qui vous le dis Ca noircit le blanc de l’œil Et puis ça enlaidit Les histoires de cercueils C’est triste et pas joli Reprenez vos couleurs Les couleurs de la vie Alors toutes les bêtes Les arbres et les plantes Se mettent à chanter A chanter à tue-tête La vraie chanson vivante La chanson de l’été Et tout le monde de boire Tout le monde de trinquer C’est un très joli soir Un joli soir d’été Et les deux escargots S’en retournent chez eux Ils s’en vont très émus Ils s’en vont très heureux Comme ils ont beaucoup bu Ils titubent un petit peu Mais là-haut dans le ciel La lune veille sur eux.
Recherche avec les élèves des caractéristiques déjà vues dans d’autres poèmes : vers libres sans ponctuation, présence d’animaux qui dialoguent avec un personnage (ici le soleil, donc c’est bien l’univers de l’enfance (du conte). On se souvient dans Les sept corbeaux de Grimm, de la lune, du soleil et des étoiles, personnages du conte. On repère l’impératif, les jeux de mots sur « Prenez », on revoit la terminaison en –EZ caractéristique de la deuxième personne du pluriel, ici ce n’est pas un pluriel de politesse, les escargots sont deux). Il convient de remarque aussi le jeu de mots sur feuilles mortes : tombées, desséchées et l’anthropomorphisme (mot à expliquer) puisque « mortes » amène « ressuscitées ». Cette mort n’est pas triste car ce n’est pas une vraie mort. De même l’enseignant fait trouver aux élèves que, pour montrer leur joie, les bêtes, les plantes et les arbres chantent et que les escargots boivent de la bière. Il convient de parler des saisons en France, à cause de l’automne et du printemps. On rappelle aussi que la couleur du deuil en France est le noir, pas le blanc et que le « crêpe » (homonymes de la crêpe) est un tissu. Le choix des escargots est amusant (il sont si lents.) Il peut être judicieux de relever le jeu de mots « prendre une bière » et la bière : le cercueil (c’est un peu difficile pour des 6èmes.) Le début du texte est au présent de narration, des participes passés, en composition ou non, y sont nombreux. Le présent dans le discours rapporté du soleil n’est pas un présent de narration. Par contre on trouve deux infinitifs de narration « tout le monde de boire », « tout le monde de trinquer ». C’est un nouvel emploi de l’infinitif. La fin du poème est optimiste et le personnage maternel de la lune fait pendant au soleil bienveillant. La distance avec la réalité, les jeux avec les mots, l’emploi d’une langue simple et d’un univers proche de l’enfance sont des composantes essentielles de la poésie de Prévert. La classe commence donc à avoir une idée de la façon dont ce poète écrit et des moyens qu’il emploie.
Travail entre deux séquences :
Apprendre par cœur un des trois poèmes : Les animaux ont des ennuis, Le chat et l’oiseau ou Chanson des escargots qui vont à l’enterrement d’une feuille morte. On laisse de côté La bonne aventure qui est « à deux voix ».
SEANCE 7 :
Activité dominante : oral
Objectifs : bien réciter et évaluer une bonne récitation.
Récitation au choix en évaluant la connaissance du texte, les liaisons, l’articulation, le ton, etc… Fiche d’évaluation pour chaque élève qui ne note pas mais met des + ou des – pour prendre conscience des qualités des autres.
Travail entre deux séances :
Lire : Chanson pour chanter à cloche pied et à tue-tête.
Travail au brouillon : -relever trois images loufoques. -dire à quelle ligne se trouve le premier verbe. -Pourquoi le titre parle-t-il de « chanson » et de « chanter » ?
SEANCE 8 :
Activité dominante : lecture.
Objectifs : -travailler sur la poésie issue de rapprochements surprenants, « surréalistes ». -constater l’expression non verbale. -faire le lien entre « chanson » et poésie.
Chanson pour chanter à tue-tête et à cloche-pied
Un immense brin d’herbe Une toute petite forêt Un ciel tout à fait vert Et des nuages en osier Une église dans une malle La malle dans un grenier Le grenier dans une cave Sur la tour d’un château Le château à cheval A cheval sur un jet d’eau Le jet d’eau dans un sac A côté d’une rose La rose d’un fraisier Planté dans une armoire Ouverte sur un champ de blé Un champ de blé couché Dans les plis d’un miroir Sous les ailes d’un tonneau Le tonneau dans un verre Dans un verre de Bordeaux Bordeaux sur une falaise Où rêve un vieux corbeau Dans le tiroir d’une chaise D’une chaise en papier D’une chaise en papier Soigneusement taillé Par un tailleur de verre Dans un petit gravier Tout au fond d’une mare Sous les plumes d’un mouton Nageant dans un lavoir A la lueur d’un lampion Eclairant une mine Une mine de crayons Derrière une colline Gardée par un dindon Un gros dindon assis Sur la tête d’un jambon Un jambon de faïence Et puis de porcelaine Qui fait le tour de France A pied sur une baleine Au milieu de la lune Dans un quartier perdu Perdu dans une carafe Une carafe d’eau rougie D’eau rougie à la flamme A la flamme d’une bougie Sous la queue d’une horloge Tendue de velours rouge Dans la cour d’une école Au milieu d’un désert Où de grandes girafes Et des enfants trouvés Chantent chantent sans cesse A tue-tête à cloche pied Histoire de s’amuser Les mots sans queue ni tête Sans jamais s’arrêter
Et on recommence Un immense brin d’herbe Une toute petite forêt… ………………………………
etc.., etc.., etc.
Déjà le titre mérite qu’on s’y arrête, même s’il n’y a pas de musique. Les élèves ont l’habitude des comptines dans lesquelles des rapprochements inhabituels sont faits par reprise et homonymie « marabout/bout de ficelle/selle de cheval etc…Les enfants constatent la reprise presque systématique du dernier mot d’un vers en premier mot du suivant. De plus la répétition de « chanter » (dans le titre), de « chantent », vers la fin du poème insistent suer ce côté du poème.. Et le « on recommence » indique une reprise qui se fait dans les chansons. « A cloche-pied » indique un jeu. Les rapprochements étonnants ou les oppositions sont notés : le brin d’herbe est « immense » et la forêt « toute petite ». Si la malle est dans le grenier (ce qui est normal), le grenier est dans la cave ! Le miroir a des plis, le tonneau des ailes etc… L’enseignant explique d’où vient le mot « loufoque » (déformation de « fou »). Enfin il faut constater l’invasion de ces jeux de mots qui empêchent la constitution de vraies phrases : le premier verbe conjugué à un mode personnel intervient au vers 22 : « où rêve un vieux corbeau ». En fait, il y a peu d’action dans ce texte dans lequel le poète fait rêver le lecteur à des rapprochements inhabituels. La présence des objets seule importe. C’est caractéristique du langage poétique. On ne pourrait pas écrire un récit ou une description ainsi. L’enseignant fait chercher aux élèves quand est-ce qu’on emploie des phrases nominales dans des textes non poétiques : ils trouvent les phrases exclamatives : « Quel beau temps ! », « Magnifique ! », les courtes réponses à des questions : Comment vas-tu ? / Très bien. Etc… En tahitien, leur professeur pourra leur faire remarquer la fréquence des phrases nominales ou non verbales : Tei ni’a te pūhā i te mahana: le coprah est exposé au soleil : mot à mot : dessus le coprah au soleil. To’u fare teie : ceci est ma maison (ma maison ceci). Tera te ohipa moni : c’est un travail qui paye bien (ceci travail argent)
Travail entre deux séances :
Rédigez une courte comptine de 8 vers avec des reprises et jeux de mots inhabituels en employant un seul verbe conjugué à un mode personnel et deux participes passés. Si la classe est faible une liste de mots sera mise à la disposition des élèves.
SEANCE 9 :
Activité dominante : lecture
Objectifs : -trouver les expressions « loufoques » du texte -voir en quoi il diffère du précédent poème (et en quoi il lui ressemble) -distinguer le pronom « ON » de ils « ONT » et revoir le son [õ] Correction de l’exercice : les élèves lisent leur texte, un ou deux sont recopiés au tableau et notés. Le texte En sortant de l’école est distribué, lu avec les yeux puis à haute voix par l’enseignant.
En sortant de l’école
En sortant de l’école nous avons rencontré un grand chemin de fer qui nous a emmenés tout autour de la terre dans un wagon doré tout autour de la terre nous avons rencontré la mer qui se promenait avec tous ses coquillages ses îles parfumées et puis ses beaux naufrages et ses saumons fumés Au-dessus de la mer nous avons rencontré la lune et les étoiles sur un bateau à voiles partant pour le Japon et les trois mousquetaires des cinq doigts de la main tournant la manivelle d’un petit sous-marin plongeant au fond des mers pour chercher des oursins revenant sur la terre nous avons rencontré sur la voie du chemin de fer une maison qui fuyait fuyait tout autour de la terre fuyait tout autour de la mer fuyait devant l’hiver qui voulait l’attraper Mais nous sur notre chemin de fer on s’est mis à rouler rouler derrière l’hiver et on l’a écrasé et la maison s’est arrêtée et le printemps nous as salués C’était lui le garde-barrière et il nous a remerciés et toutes les fleurs de toute la terre soudain se sont mises à pousser pousser à tort et à travers sur la voie du chemin de fer qui ne voulait plus avancer de peur de les abîmer Alors on est revenu à pied à pied tout autour de la terre à pied tout autour de la mer tout autour du soleil de la lune et des étoiles A pied à cheval en voiture et en bateau à voiles.
L’enseignant demande aux élèves en quoi ce texte ressemble et diffère du précédent Chanson pour chanter à tue-tête et à cloche-pied. Les élèves remarquent quelques expressions loufoques : « les trois mousquetaires des cinq doigts de la main » « la manivelle d’un sous-marin », les « saumons fumés » qui ne sont plus dans la mer. A ce propos on peut rappeler que certaines métaphores sont des anthropomorphismes : l’hiver et le printemps sont comme des humains, le printemps est même garde-barrière (à expliquer, si possible avec photo à l’appui), la mer « se promenait », « la lune et les étoiles » sont « sur un bateau à voiles », la maison fuit, s’arrête, comme si elle avait une volonté propre. Le chemin de fer aussi a des sentiments : il ne veut pas écraser les fleurs. Par contre certains élèves remarqueront peut-être qu’il n’y a pas souvent de reprise du dernier mot mais plutôt des anaphores. L’enseignant demande quel est le niveau de langue : il est plutôt familier car « nous » est repris par « on » ce qui ne se pratique qu’à l’oral et il y a des répétitions : « nous avons rencontré ». A ce propos le professeur fait distinguer le son [õ] de [ã] et rappelle qu’avec un –t à la fin « ont » est la 3ème personne du pluriel du verbe AVOIR.
Travail entre deux séances :
-Chercher quels sont les temps de l’indicatif qui sont le plus employés (faire un tableau). -Chercher les formes verbales en –ANT.
SEANCE 10
Activité dominante : maîtrise de la langue.
Objectifs : -réviser le passé composé et l’imparfait (temps du récit oral) -voir les formes en –ant (participe présent et gérondif)
Correction du tableau : on en profite pour revoir les règles d’accord du participe passé employé avec être et avoir (pour les passés composés). Le titre déjà comporte un gérondif : le professeur explique sa formation et distingue bien le « en » (préposition) du « on » pronom. La forme –ant, autre graphie du même son [ã] est commenté. Il est précisé que le participe présent et le gérondif sont invariables, on ne parle pas de l’adjectif verbal .Les principales valeurs du gérondif : concomitance temporelle, comme ici ou complément circonstanciel de manière (il marche en chantant) sont évoquées. La présence de différentes prépositions qui introduisent les compléments circonstanciels doit être commentée.. Ce ne sont pas des prépositions de même sens qui introduisent certains compléments. Et c’est la source de bien des erreurs. Le professeur de tahitien et celui de français pourront faire un bilan en même temps quand il y a des différences marquantes : Ex : L’oiseau vole dans le ciel/ E rere te manu i ni’a i te ra’i (i ni’a i : sur, dessus) La pirogue est en mer/ Tei roto te va’a i te miti (i roto i : à l’intérieur, dans). Ils m’ont répondu en tahitien / Ua pahōno mai ratou na roto i te reo tahiti. ( na roto i : en passant dans, à l’intérieur de ).
On fait rédiger aux enfants au tableau de petites phrases comportant des gérondif : il est venu « en dansant », « en criant », « en courant » etc…pour bien intégrer la structure.
Travail entre deux séquences :
Exercices de substitution du participe présent et d’autres structures. Exemples : quand il entendit ses parents rentrer, il arrêta le musique / entendant ses parents rentrer, il arrêta la musique. Remplacer les participes présents du poème par des propositions subordonnées.
SEANCE 11 :
Activité dominante : maîtrise de la langue ; Correction de ce travail Bilan sur les formes verbales vues dans les textes (un exemple par forme) en tableau.
SEANCE 12 :
Activité dominante : experession écrite.
Evaluation sommative : écrire un texte en vers libres qui comporte des anaphores, une métaphore ou une comparaison surprenante. Le texte comportera un gérondif et un participe présent. (15 vers minimum)
SEANCE 13 :
Activité dominante : oral
Compte-rendu de ce travail. Conclusion : mise en commun à partir de ce travail sur Prévert. On essaye de répondre à la question : Quelles sont les caractéristiques de la poésie de Prévert ?
Date de création : 27/06/2007 - 15:46
Dernière modification : 27/06/2007 - 15:46
Catégorie : Séquences de 6ème
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