| SEQUENCE LA CORRESPONDANCE Pour 4ème. Groupe Langues 2005/2006 Objectifs : -Prendre conscience de la correspondance comme genre littéraire mais aussi comme outil de communication et d’information. -Maîtriser la disposition des différents types de lettre. -Comprendre comment illustrer une lettre. -Nature des propositions. -Fonctions dans la phrase : Complément circonstanciel. -Organisation des phrases : Proposition – phrase simple- phrase complexe.
Supports : Image : Lettre autographe ; lettre à Hardin, Charles Giraud Textes : Lettre autographe ; lettre à Hardin, Charles Giraud La Correspondance, S. Gérard Voyages, Victor Hugo (lettre) Lettre de la reine Marautaaroa à Henry Adams (1893). Lettre de Mme de Sévigné
SEANCE 1 Illustrer une lettre
SEANCE 2 Grammaire : Propositions et phrases
SEANCE 3 Ecrire une lettre pour demander
SEANCE 4 Mise en page d’une lettre
SEANCE 5 Une lettre pour informer et communiquer, témoignage sur la Polynésie de la fin du 19ème siècle.
SEANCE 6 le genre épistolaire, genre littéraire
SEANCE 7 Evaluation formative
SEANCE 8 Grammaire : la nature des propositions.
SEANCE 9 Grammaire : Les fonctions dans la phrase
SEANCE 10 Evaluation sommative
SEANCE 1 ILLUSTRER UNE IMAGE
Objectif : Etudier une image Texte : lettre autographe ; lettre à Hardin, Charles Giraud

Charles Giraud (1819-1892) fut peintre et dessinateur. Il prend part à l’expédition militaire que le roi Louis-Philippe envoie à Tahiti en 1846, afin de soutenir la reine de cette île. Il participe aux opérations militaires mais il prend surtout le temps et le soin de faire de nombreux croquis de l’île : la végétation, les gens, leurs habitations. Quand il rentre en France, on le surnomme « le Tahitien ». De Tahiti, Charles Giraud envoie à son ami Hardin une lettre de … 21 pages, contenant de nombreuses illustrations. La première page de cette lettre est le produite ci-contre, une autre page ci-dessous.
Le texte de la lettre :
Papeete, 15 septembre 1846.
Mon cher Hardin, C’est bien aimable à vous d’avoir pensé à l’exilé. Votre lettre m’a trouvé au milieu de mon jardin, j’étais en train de me livrer à la culture. J’ai laissé aussitôt la pioche et le râteau pour dévorer votre lettre à l’ombre de mon cocotier. La longueur ne m’a pas effrayé, au contraire, lorsque je suis arrivé à la fin je me suis mis à la relire, afin de voir si je n’avais rien oublié. Mon frère persiste à ne pas m’envoyer de nouvelles, Gilbert m’oublie. Vous seul pensez à moi. Outre que je vous en suis très reconnaissant, puisque les illustrations vous font plaisir, je vais en parsemer ma lettre afin de donner plus de force à ma narration. Avant de vous parler de moi, il faut que je vous apporte la nouvelle de la mort de J.Bovy, ils…
Le texte 1-Pourquoi Charles Giraud a-t-il écrit cette lettre ? Justifiez votre réponse. 2-Pourquoi a-t-il accompagné son texte de dessins ? 3-Pourquoi Giraud se nomme-t-il lui-même « l’exilé » ?
Le dessin 4-Observez le texte et le dessin. Quelles impressions produisent sur vous leur place, leur importance, leur disposition sur la page ? 5-Les couleurs sont-elles variées ? Nommez-les. Quel est l’effet obtenu ? 6-Qu’a choisi de représenter Charles Giraud sur la première page de sa lettre ? Quels sont les effets produits par ces choix sur ceux qui observent la lettre ? Et quel effet sur le destinataire peut-on supposer ?
SEANCE 2 GRAMMAIRE : PROPOSITIONS ET PHRASES
I – Une proposition est un ensemble de mots et groupes de mots unis autour d’un verbe généralement conjugué.
II – Les phrases s’organisent selon plusieurs principes : a) Phrase simple : elle ne contient qu’une seule proposition. b) Phrase complexe : elle contient plusieurs verbes. c) Phrase verbale : elle s’organise autour d’un verbe au moins. d) Phrase non verbale : elle ne contient pas de verbe. e) Phrase à la forme négative s’oppose à la forme affirmative (ou positive) f) Les types de phrases : - type déclaratif -type interrogatif -type injonctif (impératif) -type exclamatif.
EXERCICES
1°) – Transformez des phrases verbales en phrases nominales. 1 – Il pleuvra abondamment toute la semaine, le soleil brillera pendant le week-end. 2 – A Noël, la consommation de chocolat a fortement progressé. 3 – Des dessins effectués par des collégiens ont été récemment vendus à prix d’or.
2°) – A chaque phrase exclamative, faites correspondre le sentiment exprimé. Amusement – inquiétude – surprise – regret. 1 – Pourvu qu’il arrive à l’heure ! 2 – Ah ! Si j’avais suivi tes conseils ! 3 – Quelle gentillesse ! Quel humour ! 4 – Vous ici !
SEANCE 3 ECRIRE UNE LETTRE POUR DEMANDER
Objectif : S’exprimer à l’écrit Textes : La correspondance, S. Gérard, P. Lelièvrement, V. Ladka Voyages, Victor Hugo
Lettre officielle
Eric Nevers 25,rue des Noyers 78520 Limay Monsieur Stéphane Brissard 15, place de la République 78 200 Mantes-la-Jolie
Objet : Demande de stage.
Mantes-la-Jolie le 2 février 19..
Monsieur,
Étudiant en bac de technicien, option jardin espace vert, au lycée horticole d’Orgeval, je dois effectuer un stage professionnel pour compléter ma formation scolaire. Titulaire d’un Brevet professionnel d’art floral, je m’intéresse particulièrement à l’art japonais. Votre entreprise, qui a plusieurs fois été citée pour ses réalisations, pourrait, si vous l’acceptiez, être le thème de mon mémoire . Pourriez-vous m’accueillir, comme stagiaire, pour une durée de 5 semaines, à compter du 23 juin prochain ? Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sincères sentiments.
Eric Nevers
S. GERARD, P. LELIEVREMENT, V. LADKA, La Correspondance, Nathan, 1992.
Lettre familiale
Villeneuve-l’Archevêque, 23 octobre.
Je suis à Villeneuve l’Archevêque, j’espère arriver à Sens cette nuit ; ce n’est pas sans peine, chère amie, car on se bat à la porte des diligences, l’encombrement est incroyable. Nous étions quinze tout à l’heure sur un affreux coucou, sept sur l’impériale . Je compte que je serai à Paris le 27 ou le 28, vers deux heures après midi. Je tâcherai bien que ce soit le 27, car je ne puis te dire à quel point je suis impatient d’arriver et de vous embrasser tous. Je pense avec joie que je trouverai à Fontainebleau une bonne lettre de toi, et de toi aussi, ma Didine , n’est-ce pas ? Chère amie, aie bien soin, dans tous tes petits travaux intérieurs, qu’on ne dérange rien dans mon cabinet. En partant, j’ai mis dans mes armoires et dans mes tiroirs, que j’ai fermés, tous mes manuscrits qui sont des papiers volants, comme tu sais. J’ai serré dans un des placards le tiroir de la table où j’écris avec tout ce qu’il contenait. Aie bien soin qu’on ouvre rien et qu’on ne déplace rien, car un seul papier perdu serait irréparable. C’est la dernière fois que je t’écris. Maintenant c’est moi-même qui te porterai de mes nouvelles, mon Adèle. Je vais donc vous revoir tous, mes bien-aimés. Soyez-en joyeux comme moi-même. À bientôt. Je vous embrasse tous tendrement, et toi la première, chère amie. À toi.
V.
Victor HUGO, Voyages (année 1839).
QUESTIONNAIRE : La situation de communication 1-Précisez l’identité des expéditeurs et des destinataires, dans la lettre officielle et dans la lettre familiale. 2-Comparez les lettres : présentation, ton, style, importance des informations. 3-Préparez une enveloppe pour chaque lettre : placez et écrivez l’adresse. La demande 4-Précisez dans les deux cas la demande faite par l’expéditeur. 5-À quelle place, dans la lettre, cette demande intervient-elle ? Pourquoi ? 6-Comparez les formules finales (de politesse). Sont-elles en accord avec la demande ? Quels sentiments expriment-elles ?
SEANCE 4 MISE EN PAGE D’UNE LETTRE Objectif : présenter une lettre
A- Renseignements et formules d’usage, dans une lettre officielle uniquement : 1. Les coordonnées de l’émetteur et du destinataire sont indispensables. 2. L’objet de la lettre doit être formule avec précision et concision.
B- Eléments figurant dans une lettre officielle ou privée (seules les formules changent) : 3. Le lieu et la date précisent les circonstances dans les quelles la lettre a été écrite. 4. La formule d’appel précise les relations que l’émetteur entretient avec son destinataire. 5. La formule d’introduction indique les raisons pour lesquelles on écrit. 6. La formule de politesse permet de conclure de façon plus ou moins intime. 7. La signature nomme l’émetteur. Il faut écrire son nom sous la signature, sauf en cas de lettre privée. 8. Le post-scriptum permet d’ajouter un élément oublié. Il n’apparaît pas nécessairement.
C- Conseils pratiques pour une lettre manuscrite : - Ecrivez droit, sur du papier blanc et utilisez une encre bleu marine ou noire. - Laissez des marges de chaque côté de votre texte. - Commencez en retrait à chaque fois que vous allez à la ligne (alinéa). - Ecrivez très lisiblement. Mettez de véritables points sur vos « i » et les accents nécessaires. - Respectez la ponctuation et les majuscules. - Présentez correctement l’enveloppe.
TRAVAIL A FAIRE : Vous enverrez à votre professeur de français une lettre lui demandant ses cours car vous serez absent(e) trois semaines. Vous respecterez la mise en page de la lettre officielle. Vous posterez votre lettre afin que votre professeur la reçoive dans une semaine au plus tard. Timbres et enveloppes fournis.
BAREME : respect de la consigne : (lettre sur papier + envoi) 2 points Respect de la mise en page : 7 points Respect du sujet : (demande de cours) 2 points Envoi : (enveloppe correcte + timbre + délai) 3 points Phrases correctes 3 points Orthographe 3 points
Exercice
Présenter correctement et corriger une lettre.
Dans Manon des Sources de Marcel Pagnol (1895-1974), Ugolin, jeune paysan illettré, écrit, avant de se suicider, à son « Papé », une lettre d’adieu. Dans ce testament, il donne à Manon, fille de « bossu » et femme qu’il aime, la ferme qu’il possède. Tréméla est le grossiste à qui il vendait ses œillets. Recopiez cette lettre en vous conformant à la mise en page traditionnelle, en rétablissant l’orthographe, la ponctuation et en construisant des phrases correctes.
Papé, je m’en vais pasque j’en peut plus. Je veux pas voir la suite, tu me comprends jé mal de partout je préfère. Je lui donne la ferme, et aussi tout ce qui est caché tu me comprends sous la pierre qui est à gauche du feu que tu connet. Il y en a 494 ajoute six pour faire 500 me fais pas mentir surtout mintenant tu me comprend et puits ne lui cherche pas des garouilles c’est pas de sa fote, c’est pas de ta fote c’est la fatalité fait entention que Tréméla l’ambarque pas sur les prix. Et puis fet dire des mêses pour moi pasque la haut il faudra que je m’esplique à cause de la source j’ai jamet fait d’autre mal mes suila me tire du souci le bossu leur en a surement parlé alors quesqu’ils vont me pasé. Marcel Pagnol, Manon des Sources, 1964 Ed. Bernard de Fallois
SEANCE 5 Une lettre pour informer, historiquement importante.
La reine Marau Taaroa, jeune belle-fille de la reine Pomare vahine est un des personnages les plus importants du Tahiti de la fin du 19ème siècle. Ses mémoires traduits en français par sa fille, Takau Pomare, sont un témoignage irremplaçable sur la Polynésie d’autrefois, d’autant plus que sa propre mère, la princesse Ariitaimai lui avait livré toutes ses connaissances sur l’histoire, les généalogies, les légendes. C’est, entre autre,Henry Adams, ami d’Ariitaimai, qui aidera la reine Marau à traduire, en anglais les témoignages que sa mère lui avait livrés en tahitien. Cet Américain, Ariitaimai, l’avait en quelque sorte fait citoyen d’honneur de Tahiti et «adopté », en lui donnant un prénom polynésien « Tauraatua » (perchoir de Dieu). Il aida énormément Marau, jusqu’à ce qu’elle ait pu traduire tout le message de sa mère. La princesse Takau reprendra dans son livre tous ces renseignements ainsi que ceux donnés par la reine Marau qui continua la tâche de sa mère en anglais qui était la langue dans laquelle elle avait étudié. Adams, historien érudit veillait à la qualité de la langue et à la construction de l’ouvrage. Cette lettre, qui n’a pas un caractère littéraire prononcé, bien qu’elle soit écrite avec soin et correction, donne sur la genèse de son travail et sur l’époque, des renseignements très importants. Traduite de l’anglais, elle fait partie d’un volume de correspondance entre Henry Adams et Tati Salmon (frère de Marau) mais comporte aussi des lettres de Marau, dont celle-ci sur la traduction en anglais des mémoires d’Ariitaimai (Lettres de Tahiti, Les éditions du Pacifique 1980)
Cet encadré est donné avec la lettre aux élèves.
13 février 1893
Mon cher Tauraatua,
Avant tout chose, laissez-moi vous remercier du fond du cœur pour les magnifiques cadeaux que vous m’avez envoyés. J’en ai éprouvé un grand plaisir. Tati1 est rentré chez lui tout imprégné de vous, de votre accueil chaleureux et de vos Amis. Il nous a dit que se séparer de vous ressemblait à un nouveau départ loin de chez lui. Je dois avouer que chaque fois qu’il parle de son voyage2, et il ne s’en lasse jamais, je regrette de n’avoir pas été avec lui. Auriez-vous l’amabilité de remercier M. Philipps bien sincèrement de ma part, pour le livre qu’il m’a envoyé. Dites lui que je l’ai lu avec intérêt, mais j’ai regretté que son ami Stoddard3 ait parfois été malheureux dans notre vieux Tahiti. J’ai entendu Tati mentionner que M. Philipps est un grand collectionneur ; alors j’espère qu’il trouvera une place pour la petite hache (incomplète malheureusement) que je lui envoie ; il la trouvera que dans une boîte que Tati prépare pour le courrier. Comme vous êtes bon, et que je vous suis reconnaissante de la peine que vous prenez pour nos mémoires. Je vois avec plaisir qu’ils avancent admirablement ; et le moins que je puise faire est d’accomplir ma part de travail et de répondre à vos questions aussitôt que possible. Les poèmes, je les enverrai par le prochain courrier car ils ne sont pas encore prêts. Vous ne pouvez réellement pas imaginer comme il est ardu de traduire le tahitien en anglais ou en d’autres langues, tout en lui préservant un peu de son charme : il y a tant de mots dont nous avons perdu jusqu’ à la trace, et bien davantage dont on ne se sert plus aujourd’hui. Pourtant avec l’aide de mère, j’essaierai de faire au mieux, quoique je compte vous laisser, je crois bien, le soin de trouver quelqu’un qui puisse les mettre en vers sans sacrifier leur originalité. Stevenson4 le ferait très bien, Rahéro5 lui a déjà donné une idée. J’ai transmis à Tati votre message à propos des légendes qui devraient être « risquées »6 et je suis certaine qu’il ne vous fera point défaut. Mais quant à vous envoyer le dictionnaire7, je me réserve ce plaisir, espérant que ce volume sera utile. J’ai simplement peur que vous soyez parfois dérouté, car certains mots avaient déjà changé de sens, à cause des noms propres avant même que les missionnaires n’entreprennent de rédiger un dictionnaire. Jusqu’à présent, je n’ai pu en trouver qu’un, en anglais. J’ignore l’identité du propriétaire ; son nom est sur la première page, mais même son nom ne me dit rien. Je crois que c’est l’un des garçons qui l’a ramené à la maison. Alors si vous apprenez que j’ai été appréhendée8 pour vol, vous vous souviendrez que ce fut pour vous. J’espère que vous serez satisfait des réponses que je joins à ma lettre. Ecrivez et demandez toujours ce que vous voulez savoir ; c’est vraiment trop long d’attendre une réponse mais nous essaierons d’en tirer le meilleur profit. Quant à ce que vous désirez sur les Pomaré9, je l’enverrai aussi par le prochain courrier. Voilà, je vais avoir pitié de vous et vous laissr le loisir d’examiner les documents joints. Avec toute l’affection de notre mère et des filles. Je demeure, tout à vous, Marautaaroa Notes 1) Tati Salmon, est le frère de Marau et donc le fils de la princesse Ariitaimai qui épousa un « étranger anglais» Alexandre Salmon, grâce à l’appui de la reine Pomare IV qui par amitié pour Ariitaimai accepta cette « mésalliance ». Marau, fille d’Ariitaimai et d’Alexandre Salmon épousa le second fils de la reine Pomare IV qui devint Pomare V à la mort de sa mère en 1877 et signa en 1880 (le 29 juin) un acte d’annexion de la Polynésie à la France. Sans cet acte, Tati, chef du clan des Teva (car fils d’ Ariitaimai), clan encore plus puissant et légitime que celui des Pomare (soutenus par les missionnaires anglais), aurait pu jouer un rôle de premier plan à Tahiti. 2) Tati fit un voyage aux USA reçu par Henry Adams. 3) Charles Stoddard écrivit un livre sur ses voyages à Tahiti dans les années 1870, c’est ce livre que Philipps avait envoyé à Tati. 4) Stevenson, grand écrivain américain qui connaissait la Polynésie. 5) « La légende de Rahéro » : titre d’un poème que Stevenson dédia à un grand chef tahitien, Ori a Ori. 6 « risquées » : citation d’une précédente lettre de Tauraatua disant qu’il fallait intégrer les meilleurs légendes au risque de choquer certains lecteurs (toutes ne sont pas « morales »). 7) Allusion au dictionnaire tahitien-anglais de John Davies (1851). Cela indique que Marau faisait parvenir à Tauraatua certains textes dans les deux langues. 8) « appréhendée » : arrêtée par la police, plaisanterie de Marau qui pourrait être « accusée de vol». 9) Ce que désire Tauraatua sur les « Pomaré », ce sont des généalogies. Les mémoires de Ariitaimai et Marau voulaient prouver que si les Pomare étaient au pouvoir, le clan des Teva (clan de Ariitaimai) avait une extrême importance dans l’histoire de Tahiti avant l’arrivée des missionnaires et la prise du pouvoir par Pomare.
I) Une lettre pour communiquer (questionnaire oral après lecture de la lettre) 1) Qui a rédigé cette lettre ? Quel en est le destinataire (en vous aidant du paratexte (encadré transmis) donnez le vrai nom de « Tauraatua » et sa nationalité. 2) A part les formules d’envoi et de politesse de quels thèmes (2), Marau veut-elle parler à Tauraatua ? Quel est le plus important ? 3) Que fait Tauraatua pour aider Marau ? 4) Quels documents ou livres Marau envoie-t-elle ou va-telle faire envoyer à Tauraatua ? Une fois cela clarifié et la synthèse rédigée avec les élèves, le professeur Passe à un deuxième angle d’examen du texte. Discussion sur les institutions de Polynésie actuelle, les langues parlées, et sur le passé (étudié en histoire en 5ème). L’importance de la famille royale (même si le protectorat est en place et la présence de la langue anglaise méritent d’être commentées).
II) L’intérêt historique de ce texte. (2ème temps de recherche, relire letexte et les notes avant de répondre au brouillon-15mn)
1) Quelles sortes de textes comportent aussi les mémoires de Ariitaimai et de Marau ? 2) Quels problèmes différents pose la traduction (2) ? 3) Quel est le défaut du dictionnaire tahitien/anglais que Marau va faire envoyer à Tauraatua par Tati ? Quelles réflexions cela vous inspire-t-il ?
On passe après un quart d’heur aux réponses et aux synthèses ce qui est l’occasion de parler du statut de la langue tahitienne, de son évolution, de sa « fixation » écrite par la Bible et les dictionnaires. Il convient d’insister sur la valeur extraordinaire de ces mémoires qui ont transmis des généalogies, des faits historiques anciens, des légendes et des textes que Ariitaimai connaissait par transmission orale et qui se seraient perdus sans son témoignage (et celui d’autres auteurs comme Marau elle-même et Teuira Henry).
SEANCE 6 Le genre épistolaire
Objectif : Etudier une lettre historique littéraire. Texte : Lettres, (72) Madame de Sévigné (1672)
Il existe une tradition littéraire, celle du genre épistolaire : les lettres de certains penseurs, historiens ou écrivains ont été publiées pour leurs qualités littéraires et parce qu ‘elles constituaient des témoignages sur une époque (lettres de Cicéron 5rome antique), de Flaubert (19ème siècle…). Marie de Rabutin-Chantal, plus connue sous le nom de Marquise, ou Madame de Sévigné (1626-1696), est sans doute la plus célèbre épistolière française, auteur de quelque mille cinq cents lettres, dont huit cents adressées à sa fille Madame de Grignan. Les autres ont pour destinataires, entre autre son cousin M. de Bussy-Rabutin, Madame de Lafayette, le comte de Grignan .Nous présentons ici un extrait d’une lettre à sa fille du 5 octobre 1673 .
LETTRE de Madame de Sévigné à Madame de Grignan (extrait)
J’ai le cœur et l’imagination tout remplis de vous ; je n’y puis penser sans pleurer, et j’y pense toujours ; de sorte que l’état où je suis n’est pas une chose soutenable ; comme il est extrême, j’espère qu’il ne durera pas dans cette violence. Je vous cherche toujours et je trouve que tout me manque, parce que vous me manquez. Mes yeux qui vous ont tant rencontrée depuis quatorze mois ne vous trouvent plus. Le temps agréable qui est passé rend celui-ci douloureux, jusqu’à ce que j’y sois un peu accoutumée ; mais ce ne sera jamais assez pour ne pas souhaiter ardemment de vous revoir et de vous embrasser.
Madame de Sévigné, Lettre à Mme de Grignan, 1673.
1 La langue du 17ème siècle disait « souhaiter de faire quelque chose », aujourd’hui ce verbe est transitif direct.
Une mise au point sur le superlatif (comme « extrême ») est souhaitable en cours de tahitien pour les élèves qui en font en LV2 ou en option. En tahitien, le superlatif se rend par « roa » ou « rahi » qui se place après l’adjectif : « Te ‘urī maita’i roa » : le très bon chien. « Te hō’ē ta’ata ’ite rahi » : un homme très intelligent. L’expression de l’adverbe de manière (« ardemment » dans le texte) est aussi intéressante à voir. A part quelques mots qui ont un rôle d’adverbe aussi en tahitien , beaucoup d’adverbe français (spécialement ceux qui se terminent par –ment (qui vient de « mens » : esprit, état d’esprit )se traduisent par des tournures spécifiques. Ua horo vitiviti ‘oia : il a couru vite, rapidement. Ua ‘amu ri’i ‘oia : il mangé peu. « Ua ‘au ‘oia mā te pūai » : il a nagé fortement (avec force). Mais « E mea ‘ino tā na paraura’a : il parle méchamment : mot à mot, c’est une chose méchante sa parole.
QUESTIONNAIRE (à l’oral avec la classe)
La présentation de la lettre, sa lisibilité. 1- En ne lisant que la lettre, pouvez-vous en identifier l’émetteur et le destinataire ? Où trouvez-vous les informations les concernant ? 2- Quelles marques grammaticales nous indiquent que le destinataire et l’émetteur sont des femmes ?
Le but de la correspondance. Son aspect littéraire et son intérêt historique. 3- Formulez, en une phrase, ce que Madame de Sévigné veut faire savoir à sa fille ? 4- Repérez les procédés par lesquels Madame de Sévigné insiste sur sa souffrance. 5- Utilisant vos connaissances sur l’histoire de cette époque : qu’est-ce qui peut Expliquer que le séjour de Mme de Sévigné auprès de sa fille ait été si long et qu’elle ne puisse envisager d’aller immédiatement la revoir.
6- Montrez qu’ « ardemment » appartient au vocabulaire recherché. De quels mots Rencontrés dans des extraits de théâtre ou de poésie du 16ème et du 17ème siècles Pouvez-vous le rapprocher : mots de la même de la même famille et du même champ lexical. (Réponses attendues : « ardemment » (en brûlant de désir que cela se réalise) / »ardeur (chaleur mais aussi amour ), « feux », « brûler pour » etc… On peut d’ailleurs montrer par l’analyse de cette lettre que Mme de Sévigné éprouvait pour sa fille une vraie « passion ». Si la destinataire n’était pas connue, le lecteur pourrait penser à une lettre d’amour !
La synthèse est notée au tableau et les termes en sont négociés avec les élèves.
TRAVAIL entre deux séances : Relire le texte dans le but de faire une dictée.
SEANCE 7 EVALUATION FORMATIVE
DICTEE :
1Je vous cherche toujours /2 et je trouve/3 que tout me manque /4 parce que vous me manquez. /5 Mes yeux qui vous ont/6 tant rencontrée /7 depuis quatorze mois /8 ne vous trouvent plus. /9 Le temps agréable/10 qui est passé/11 rend celui-ci douloureux, /12 jusqu’à ce que /13 j’ y sois/14 un peu accoutumée ; /15 mais ce ne sera jamais /16 assez pour/17 ne pas souhaiter ardemment/18 de vous revoir/19 et de vous embrasser.
BAREME :
1 faute par segment = 0 point 0 faute par segment = 1 point 19 segments = 19 + 1 point pour la présentation et l’écriture.
SEANCE 8 GRAMMAIRE : LA NATURE DES PROPOSITIONS
A – La juxtaposition
Une proposition est juxtaposée si elle est séparée d’un autre par un signe de ponctuation(, ; :) : Ex. Votre lettre m’a trouvé au milieu de mon jardin, j’étais en train de me livrer à la culture.
B – La coordination Une proposition est coordonnée si elle est reliée à une autre par une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou un adverbe comme ainsi, alors ensuite, puis,… : Ex. Vous m’invitez chez vous mais je n’irai pas.
C – La subordination a) Une proposition peut être aussi subordonnée si elle dépend d’une autre. Ce lien de dépendance est signalé par un mot subordonnant. Il existe trois catégories de mots subordonnants donc trois grandes catégories de propositions subordonnées : - propositions subordonnées relatives - propositions subordonnées conjonctives - propositions subordonnées interrogatives indirectes b) Les propositions subordonnées dépendent d’une proposition appelée principale.
N.B : Les propositions qui ne sont ni principales ni subordonnées sont appelées indépendantes.
EXERCICE
Dites si la proposition en italique est juxtaposée, coordonnée ou subordonnée. 1. Le peintre vient de trouver un endroit qui lui plait. – 2. Il s’arrête, observe le paysage. – 3. Il prend son temps car l’angle de vue a une grande importance. – 4. Il a choisi cette région parce que les couleurs y sont très variées. – 5. Il s’installe et commence à tracer quelques lignes sur le papier. – 6. Le geste est sûr, le crayon glisse, le dessin prend forme. – 7. Le ciel est si clair qu’on distingue le moindre détail.
SEANCE 9 GRAMMAIRE : LES FONCTIONS DANS LA PHRASE : COMPLEMENT CIRCONSTANCIEL DE LIEU ET DE TEMPS
Les compléments circonstanciels de lieu et de temps permettent de situer les actions, les événements, les réflexions… Dans la correspondance, ils sont largement utilisés en raison du décalage, dans l’espace ou dans le temps, entre l’émetteur et le destinataire de la lettre.
I - L’expression du lieu et du temps. Dans une lettre, le lieu et la date figurent en haut et à droite : ils indiquent quels sont, pour l’émetteur, le lieu et le moment de l’écriture. Tous les compléments circonstanciels prennent leur sens à partir de cette situation d’énonciation.
II – Classe grammaticale des compléments circonstanciels de lieu. a) un groupe nominal : ex. Ce séjour parmi vous à la mer b) un adverbe : ici, là, ailleurs.. c) les pronoms adverbiaux : en et y d) une proposition subordonnée relative, introduite par un pronom relatif (qui, que, dont où, dans laquelle…)
III – Classe grammaticale des compléments circonstanciels de temps. a) un groupe nominal : ex. Le match était annoncé à vingt heures, mercredi dernier b) un adverbe : maintenant, aujourd’hui, demain, la veille… c) un verbe à l’infinitif introduit par après, au moment de… d) une proposition subordonnée conjonctive introduite par quand, lorsque, depuis que, alors que, pendant que… ( verbe de la subordonnée = indicatif), avant que, jusqu’à ce que… (verbe de la subordonnée = subjonctif)
SEANCE 10 EVALUATION SOMMATIVE
I – Texte (9 points + 1 point de présentation)
L’œuvre de Denis Diderot (1713-1784) est très variée : écrits philosophiques, critiques d’art, correspondance, notamment avec son amis Sophie Volland. Lui rendant visite le 10 juin 1759, Diderot ne la trouve pas chez elle. La nuit tombe, et il rédige donc dans la pénombre une courte lettre, tendre et passionnée.
J’écris sans voir. Je suis venu. Je voulais vous baiser la main et m’en retourner. Je m’en retournerai sans cette récompense ; mais ne serai-je pas assez récompensé si je vous ai montré combien je vous aime. Il est neuf heures. Je vous écris que je vous aime, je veux du moins vous l’écrire ; mais je ne sais si la plume se prête à mon désir… Ne viendrez-vous point que je vous le dise et que je m’enfuie ? Adieu, ma Sophie, bonsoir. Votre cœur ne vous dit donc pas que je suis venu. Voilà la première fois que j’écris dans les ténèbres. Cette situation devrait m’inspirer des choses bien tendres. Je n’en éprouve qu’une, c’ est que je ne saurais sortir d’ici. L’espoir de vous voir un moment me retient, et je continue de vous parler, sans savoir si je forme des caractères. Partout où il n’y aura rien, lisez que je vous aime.
D. Diderot, Lettres à Sophie Volland Posthume, 1831. QUESTIONNAIRE
1°) a) Où Diderot écrit-il ? (0.5 point). Citez le texte pour justifier votre réponse. (0.5 point) b) Quand écrit-il ? (0.5 point). Citez le texte pour justifier votre réponse. (0.5 point) c) Quelles difficultés rencontre-t-il pour écrire ? (0.5 point) 2°) Dans quel but Diderot rédige-t-il cette lettre ? (1 point) 3°) a) Relevez les éléments qui éloignent cette lettre de modèle traditionnel. (4points) b) Recherchez la définition du mot « billet » qui s’adapterait à cet écrit de Diderot. (0.5 point) 4°) Expliquez la dernière phrase de la lettre. (1 point)
II – Mettre une lettre en page. (10 points) Remettez en page, en respectant la présentation, la lettre suivante.
Paris, le 22 septembre 2001. Chère Christelle. Ça y est, les cours ont repris ! Comme je le redoutais, je suis en 4°C, dans la même classe que Pierre. Tu imagines ! Il fait semblant de ne plus me connaître, et de mon côté, je ne sais pas si je dois aller lui parler. Que me conseilles-tu ? J’ai donné à développer les photos des vacances… Dès que je les aurai, je te les ferai parvenir, si elles sont réussies bien sûr ! Réponds-moi vite pour me raconter ta rentrée, et pour me faire rire, comme d’habitude… Je t’embrasse, Julie. P.S. As-tu repris l’entraînement de volley-ball ? Nous, nous recommençons lundi prochain. J’espère t’annoncer bientôt que je jouerai dans l’équipe « cadettes A »…
Barème : Passages à la ligne : 7 points Présentation : 1 point Orthographe 2 points
Date de création : 13/01/2007 - 17:46
Dernière modification : 20/12/2008 - 04:26
Catégorie : Séquence de 4ème
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