| Les difficultés intrinsèques de la langue française ________________________________________ Les difficultés intrinsèques du français pour un non francophone, dans le domaine de la morphosyntaxe. 1. Des difficultés indépendantes des phénomènes de calques 1. 1. Certaines erreurs des non francophones sont indépendantes des phénomènes de calques, mais peuvent fort bien être cumulées avec eux. Cela correspond à un degré particulier de complexité, intrinsèque du français. C’est d’ailleurs corroboré par le fait que des locuteurs dont le français est la langue maternelle puissent buter sur les mêmes difficultés, pour peu que leur milieu social d’origine soit pauvre du point de vue linguistique. ________________________________________ 2. Les mots à valeur synthétique 2. 1. Certains mots correspondent à une construction grammaticale particulière associée à leur sens. Un non francophone a tendance à introduire sous forme de pléonasme l’adverbe ou la préposition déjà signifié de façon implicite. 2. 2. Exemples de mots à valeur synthétique : « J’en parle » : cela + de « J’en viens » : cet endroit + de marquant la provenance « J’y pense » : cela + à « J’y vais » : cet endroit + à marquant la direction « La maison dont je rêve : cet objet + de, dans une proposition relative « La région dont je viens » : cet endroit + de marquant la provenance « Il est tellement grand ! » : très + exclamation « Il est immense » : grand + très marquant le superlatif « Il leur parle » : les + construction indirecte « Il n’y a pas pire » : mauvais + la marque du comparatif de supériorité. Exemples de pléonasmes entraînés : Dieu qu’il est tellement grand ! Il parle à eux ou il les parle à eux L’objet que je le vois J’en viens de ce village J’y vais dans ma famille Il n’y a pas plus pire Il est tellement très triste ! ________________________________________ 3. Exemple de séries erronées, par généralisation : 3. 1. Ces paradigmes erronés évitent les mots à valeur synthétique : L’objet que je le vois au lieu de « que je vois » L’objet que j’en parle au lieu de « dont je parle » L’objet que je t’en parle au lieu de « dont je te parle » L’endroit que j’y vais au lieu de « où je vais » 3. 2. Dans de nombreux cas, la généralisation erronée ignore les irrégularités dues à l’étymologie : « Ils sont » donnera « ils sontaient » sur « ils mangent / ils mangeaient » ________________________________________ 4. Erreurs cumulées Un élève de terminale originaire des Comores écrivait : « Il a tant des ennuis, que ses amis en sont la cause. » Il fallait comprendre : Il a beaucoup d’ennuis, dont ses amis sont la cause. La phrase erronée vient d’un cumul de structures mal fixées : « Beaucoup d’ennuis » est confondu avec « tant d’ennuis » « Des ennuis » est confondu avec « beaucoup d’ennuis » « Dont » est traduit par « que…en » Ce cumul d’erreurs entraîne pour finir une confusion entre cause et conséquence. ________________________________________ 5. Quelques grands classiques Font particulièrement difficulté, de manière récurrente : Les pronoms personnels La construction directe ou indirecte Les conjugaisons Les temps du passé dans le récit La subordination Les systèmes hypothétiques Cause / conséquence Les mots outils de la rhétorique
Travail complémentaire à faire par le groupe langues et les groupes d’établissements : Le relevé, à l’oral et à l’écrit, des erreurs récurrentes des élèves, remettra également d’identifier les difficultés intrinsèques du français qui ne correspondent pas à une projection de la structure profonde de la phrase tahitienne. Les méthodes de français langue seconde du commerce fourniront quelques modèles de réponses pédagogiques – ils pourront être transposés, par référence à l’environnement de Polynésie. ________________________________________
Date de création : 19/01/2007 - 20:11
Dernière modification : 19/01/2007 - 20:11
Catégorie : Articles théoriques
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