
Vogue la musique par Modulfa Pierre
1° prix individuel
Classe: 3 ème A du Sacré-Cœur - Taravao Professeur responsable: M Joussin Teva
La sirène d'un bateau retentit. Les vagues, chargées d'écume, déferlaient sur les quais, le vent marin aux odeurs salées me fouettait le visage. Nous étions en Automne, les arbres perdaient peu à peu leur feuillage en laissant au sol un tapis de couleurs chaudes. Une fois encore, la troisième dans ce mois d'octobre, je me rendais au port. Aujourd'hui une caisse d'Afrique devait m'arriver et elle contenait encore, comme d'habitude, des instruments de musique en provenance de ce continent aride.
Bon, je suppose qu'il est temps de me présenter ! Je me nomme Nicolas. Je suis musicien. La musique est ma passion, je l'exerce depuis mon plus jeune âge. En outre, je collectionne les instruments ce qui explique ma venue ici. J'en possède de tous les continents et de presque tous les pays et même quelques - uns qui viennent d'époques anciennes. Mon but, que dis-je, mon rêve, est de créer la musique la plus fabuleuse du monde avec les sons conjugués de tous ces instruments. Mais pour l'instant, vingt ans de recherches n'ont rien donné, il me manque à chaque fois un son, une tonalité qui refermera la chaîne de ma musique. Les instruments qui m'arrivent aujourd'hui sont pour moi très importants, j'ai fondé de gros espoirs sur eux, reste toutefois à les vérifier, à les écouter, à tirer d'eux leurs secrets.
Une fois la caisse récupérée et chargée dans le coffre de ma petite deux-chevaux, je pris la route de la maison. Arrivé à mon immeuble j'ouvris la caisse et je vis avec stupeur des objets en bois dont je n'aurais jamais soupçonné la fonction si je n'avais su ce qu'ils étaient.
Il y avait aussi une lettre de mon ami me disant leur nom et la région exacte d'où ils provenaient. Ainsi je me retrouvai ici, chez moi, avec un « dioulou bala », un « doum doum », des « congas », un «griot» et une «sana ». Je me mis à chercher comment je pouvais m'en servir, le premier ressemblait vaguement à une flûte j'essayais donc de souffler dedans. Aucun son! Au bout de deux heures d'échecs où je ne réussis qu'à sortir une espèce de grognement d'un des instruments, je laissai tomber et décidai d'envoyer un email à mon ami pour lui demander quelques explications sur ces objets pour la plupart nouveaux pour moi.
Maintenant restait la délicate affaire de leur trouver une place ! Les placards étaient tous remplis à ras bord, le salon où j'avais entreposé cinq pianos de différentes époques et toute ma collection d'instruments à cordes était lui aussi plein à craquer et il en était de même pour toutes les pièces de mon studio qui n'était pourtant pas bien grand. Ce ne fut pas bien difficile pour les premiers qui n'étaient pas trop volumineux mais le dernier qui faisait minimum la taille d'une chaise me posa quelques problèmes. Finalement, je décidai de le laisser sur le palier de mon étage, étant le seul habitant de l'immeuble je ne risquais pas grand-chose. De plus qui s'embarquerait avec un objet aussi gros et dont il ne connaissait ni l'usageni la valeur, je vous le demande ?
Le coeur léger et plein d'espoir je partis donc en direction du café qui faisait l'angle de l rue. Non que je sois un grand amateur de boissons ou de jeux, il s'agit seulement de mon lieu de travail depuis déjà plusieurs années. J'y joue du piano à la demande des clients, mon répertoire étant assez vaste je peux interpréter toutes sortes de musiques : Jazz, Blues, Classique... et s'il m'arrive de ne pas connaître un air demandé, le patron a aussi une grande diversité de Cds et je sais parfaitement faire semblant de jouer. Mais rassurez vous cela est très rare et n'arrive qu'en cas extrême.
Vous pourriez penser que grâce à cela je gagne très bien ma vie ? Eh bien non ! Ce n'est pas [e cas ! je suis payé tout juste assez pour me nourrir et payer mon loyer. eureusement mon talent commence à être reconnu et je joue de plus en plus souvent dans des soirées mondaines où, là, je suis très bien payé, ce qui me permet d'ailleurs d'acquérir tous mes instruments.
Une fois mon après-midi de travail passé, je rentrai à la maison où je me connectai à Internet pour voir si mon ami m'avait répondu. Formidable c'était le cas ! Désormais, j'avais en ma possession le mode d'emploi détaillé de chacune de mes nouvelles acquisitions. Le temps d'avaler un casse-croûte, je me mis au travail. J'essayai mes nouveaux instruments. Puis vint le moment de ressortir tous les autres ce qui, rien que cela, me prit déjà plus d'une heure ! je savais que cette nuit je ne dormirai pas beaucoup tant j'avais de choses à faire.
Mais bon la vie d'un musicien n'est pas tout repos, vous pouvez me croire !
Il était déjà dix heures du matin quand, le lendemain, les bruits de la rue vinrent me réveiller, j'ai dû m'endormir sur mon labeur et tout ce que je peux vous dire c'est que toutes ces heures n'ont pas servi à grand-chose. j'en suis toujours au même point, tous ces nouveaux sons, mêmes associés à ceux que j'avais déjà ne m'ont pas permis de satisfaire mon désir d'une mélodie exceptionnelle ! je suis découragé ! je ne sais plus quoi faire ! ll me faudrait de l'inspiration, quelque chose de neuf... !
Bon j'arrête de discuter, je suis déjà en retard, je dois retourner au port aujourd'hui, un colis contenant (je pense que vous savez déjà quoi ! ) en provenance d'Asie, plus précisément de Chine, doit m'arriver aujourd'hui. Il est donc largement temps de me mettre en route.
Me voilà donc en direction de la mer et de ses odeurs, de ses mouettes qui remplissent l'air de leurs cris stridents et monotones au-dessus de nos têtes. Rien que cet endroit, qui n'est pourtant qu'à une heure de la ville, est pour moi d'un dépaysement total : plus de klaxons de voiture, de gens pressés qui courent dans tous les sens... j'aimerais vivre ici, loin de tout ce qui stresse la vie d'un homme. je serais enfin au calme pour créer ma musique tout cela est si... comment dire... Mais bon, je fantasme trop, c'est impossible ! Ma chère deux-chevaux ne supporterait pas de faire ce trajet tous les jours pour me conduire au café car mon travail m'est indispensable. Seulement, on peut rêver, même si toutefois, je le sais, ma vie est en ville pour le moment. Un jour, qui sait, je voyagerai.... De plus, je ne suis en aucun cas à plaindre.
Me voilà arrivé au port. je repère le bateau et me dirige dans sa direction, et là, stupeur totale ! ! Un marin fredonne tout en travaillant ! La mélodie est superbe, je n'ai pas souvent entendu un air si harmonieux, la voix est un peu forte, certes, mais chaude et c'est tout simplement magique ! je m'arrête ne sachant pas quoi faire puis me dirige vers lui pour le questionner sur ta provenance de ce chant
Bonjour l'ami !
Bonjour, vous venez pour récupérer quelque chose ?
Oui, tout à fait, mais je désirerais avant cela vous poser, sans trop d'indiscrétion une ou deux questions.
Y'a pas de problème, c'est à quel sujet ?
Je voudrais tout simplement savoir où et comment vous avez appris cette mélodie ?
Ah ! ah ! mon petit bonhomme, toi aussi tu aimes cela ! La seule chose que je peux te dire c'est que j'ai entendu ce chant dans un petit village perdu de Chine dont je ne me souviens pas le nom , c'est une jeune et très jolie tisserande qui fredonnait cet air en travaillant tout au long du jour.
Oh et vous ne vous souvenez pas du tout dans quelle région vous vous trouviez, par hasard ?
Pas vraiment, mais je peux vous dire que nous étions dans une région très reculée de Chine et que le village où nous nous sommes rendus pour récupérer notre cargaison de tapis était dépourvu de toutes technologies, nous nous sommes tous crus revenus un siècle en arrière, mais allez demander au Capitaine, il saura vous en dire plus que moi.
Oh! Merci beaucoup. Où je peux le trouver ?
Il est juste là-bas, le monsieur avec la casquette à l'envers.
D'accord, encore merci. De rien, tout le plaisir est pour moi. Au revoir ! ! De même et peut- être à une prochaine ! ! !
Je me dirigeai donc vers le capitaine et j'entamai avec luila conversation, et j'appris ainsi qu'ils s'étaient rendus dans la contrée de Kunkunshan aux abords des plateaux du Tibet dans un village qui, comme me l'avait précisé le marin, était très en retard sur le plan technologique. je le remerciai, récupérai mon paquet. Je pris la route vers mon domicile pour réfléchir calmement à tout cela. Plusieurs questions se trouvaient sans réponses à l'intérieur de ma tête, des idées folles de voyage... il me fallait donc du temps et du calme pour penser et décider de ce que je voulais vraiment faire.
Cette jeune fille, la tisserande chinoise, est, je pense mon seul espoir, il y a peu de chance qu'elle soit,comme moi à la recherche d'une mélodie unique, elle n'est sans doute même pas musicienne, je ne risque donc rien sur le plan d'une éventuelle concurrence ou d'un conflit d'intérêts.
Mais pourtant je doute. Comment imaginer une seule seconde partir vers une quête aussi étrange, faire un tel voyages, aussi loin, dans un pays où je ne connais rien d'autre que la musique.
De plus si je trouve cette jeune fille comment lui expliquer ce que j'attends d'elle, en chinois en plus ! Et comment savoir si elle acceptera ? Imaginez : faire un tel périple et revenir bredouille... Et il faut aussi que je pense à mon budget, il faudra sûrement que j'annule plusieurs commandes pour pouvoir me payer le voyage...
D'un autre côté je me dis que je n'ai plus rien à perdre, mes vingt ans de recherches n'ont toujours rien donné, et ce chant, si beau, si émouvant... il me semble que c'est la plus belle chose que j'ai entendue de ma vie, et pourtant je m'y connais, j'en ai écouté des musiques différentes....
Il me faut encore du temps pour réfléchir. Mais d'abord dormir ! La nuit, dit-on, porte conseil ! La mienne sera à coup sûr peuplée d'images, de rêves, de musiques! Mais oh combien nécessaire ! je tombe de sommeil !
Voilà, ma décision est prise, le proverbe dit bien vrai, cette nuit ma remit les idées en place, de plus elle m'a fait énormément de bien, ma nuit blanche de la veille m'avait embrouillé l'esprit. Tout est maintenant net et clair à l'intérieur de moi. C'est décidé, je pars, il faut que je m'active, je veux quitter ma terre le plus vite possible, au mieux avant la fin de la semaine. N'ayant pas fait d'économies, je ne pense pas pouvoir acquérir un billet d'avion, me reste désormais à voir le prix des places en bateau, le voyage sera évidemment plus long mais que faire d'autre, je n'ai pas le choix. Néanmoins, l'idée d'embarquer sur un navire ne me déplaît pas, moi qui aime tant la mer, les mouettes, la brise salée... cette fois- ci je ne me rendrai pas au port pour chercher un quelconque instrument mais pour partir moi-même vers une contrée lointaine de Chine. Bon voilà il faut maintenant que je parte régler tout cela.
Tout est en règle. Après une journée mouvementée, passée à faire mille et une choses différentes, tout est fin prés, ma date de départ est fixée, j'ai pris un an de disponibilité au café, et acheté quelques accessoires dont je pense avoir l'utilité durant mon séjour en Chine. je pars donc demain à bord de la « Perle des Océans » un navire autrefois touristique mais qui est maintenant utilisé pour le commerce mais qui, toutefois, embarque encore quelques passagers. J'ai eu une énorme chance, pouvoir partir demain. Maintenant que faut- il que j'emmène ? Quelques instruments de musique, ou bien mes partitions ? Cette jeune fille acceptera de me suivre ou faudra t'il que je me fasse livrer tous mes instruments ? Non, il faut que j'arrête tant de questions, ou bien je vais repartir dans mes raisonnements inutiles qui ne font rien d'autre que m'embrouiller les idées. je n'emporte que le strict minimum, je pars léger et je ferai tout mon possible pour que cette jeune asiatique, me raccompagne. Mes bagages faits, au lit ! Demain réveil à six heures pour être au port à huit heures tapantes. Et voilà je suis en Chine cela fait déjà dix jours que j'ai quitté mon pays, vous allez vous demander pourquoi je n'ai pas raconté mon voyage mais j'étais tellement absorbé, passionné par tout ce qui m'entourait que voilà je n'ai pas pris le temps de le faire, mais je vais me rattraper tout de suite. Je viens de passer dix jours qui resteront inscrits dans ma mémoire à tout jamais. Mon voyage s'est déroulé sans le moindre incident. Reste désormais le plus difficile à faire, trouver cette jeune fille dont je ne sais même pas le nom et la convaincre de renter avec moi. Pourtant je ne peux plus faire marche arrière, je suis là en Chine et pour de bon il faut donc que je parte a la recherche de renseignements sur ce village, mas surtout savoir comment y aller. Mais comment m'exprimer en mandarin ? Il faudrait absolument que quelqu'un parle anglais sinon je ne sais vraiment pas comment je pourrais faire.
Après quelques minutes de réflexion sur tous les renseignements que j'avais réussi à collecter durant cette journée je me suis finalement décidé à prendre un guide parlant anglais car la route vers se village nommé « Otori » me semblait hasardeuse. De plus au cas où cette jeune fille ne parlerait pas un mot de ma langue il pourrait me servir d'interprète. Je peux vous dire que ma recherche de renseignements s'est faite beaucoup plus aisément que je ne l'avait pensé : en effet tout le monde ou presque ici parle anglais, et ce village où je souhaite me rendre est apparemment assez connu pour ses tapis.
Mon guide se prénomme Kaede. Il a environ le même âge que moi et m'a paru très sympathique surtout que je ne le paierais pas énormément ! Normalement il est en congé mais se rend dans ce village pour voir sa mère qui y vit et il a accepté de me prendre avec lui. Nous quittons cette ville demain, mais pour l'instant une bonne nuit de repos accompagnée d'une de ces spécialités chinoises dans une auberge du coin me fera le plus grand bien. Et voilà, je suis en route pour de nouvelles aventures comme m'a dit ce matin mon guide. Je m'entends très bien avec lui, il me raconte tout ce qu'il sait sur son pays, notre voyage et ce villages là-bas, et moi-même je lui parle de l'Europe, un continent pour lui fantastique.
Si j'ai bien compris notre chemin se déroulera en deux parties, premièrement en train puis ensuite, dans les derniers kilomètres, en marchant dans la forêt qui entoure « Otori ». Apparemment le voyage devrait durer au total moins d'une semaine : deux journées de train, et le reste à pied. Tout cela dépendra de l'allure que nous aurons pour la marche Notre première partie de voyage est terminée, et si je ne vous l'ai pas contée c'est tout simplement qu'il n'y s'est rien passé de spécial. Les trains chinois sont identiques au européens, peut être vont ils un peu plus vite, en tout cas nous avons rallier les deux cents kilomètres qui nous séparaient de la ville la plus proche de la vallée de Kunkunshan dans le temps que nous espérions. Reste à nous engager dans la forêt; j'ai quelques appréhensions mais Kaede a su me mettre en totale confiance jusqu'à présent, je ne crains, je pense, rien avec lui qui connaît si bien cet endroit et tous les êtres qui y vivent. Nous allons tout d'abord prendre du repos car demain la journée s'annonce rude.
Première journée dans la forêt : tout s'est très bien passé, aucune mauvaise rencontre avec un animal féroce, mais Kaede estime cela normal vu que nous ne sommes pas encore très enfoncés dans la forêt. Pourtant nous avons marché toute la journée, et j'ai l'impression que cela fait déjà plus d'un mois que je suis dans cet endroit aussi lugubre par moments et splendide par d'autres. Je ne sais pas si je tiendrai encore trois jours, mais heureusement la beauté des fleurs qui poussent ici met un peu de gaieté dans cet enfer vert. Pour l'heure, [es hurlements des singes couvrent toutes nos paroles et il nous est donc impossible de discuter de notre journée de demain.
Nous voilà arrivés à « Otori » ce village qui comme le capitaine du navire me l'avait précisé est dépourvu de toute technologie. Les journées de marche dans la forêt se sont succédées les unes après les autres, nous faisions toujours la même et unique chose : marcher encore marcher, je n'ai pas éprouvé le besoin de raconter. Aucune rencontre inattendue,aucun obstacle imprévu. Mais le trajet fut long et difficile, je plains les marins qui ont fait cela avec toute leur cargaison sur les épaules.
Kaede m'a quitté il y a quelques secondes, non loin de l'endroit où vit la demoiselle. Nous nous sommes donnés rendez-vous dans cinq jours pour le retour. Espérons que ce temps me suffira pour convaincre la jeune fille de m'accompagner. Pour l'instant, je n'entends aucun chant, juste un grincement qui, je pense, est celui des métiers à tisser des femmes. Je pars donc à la recherche da cette femme mais comment la reconnaître si ce n'est pas par son chant ? Il faut donc que j'attende un peu en espérant qu' elle se mettra à chanter. je vais quand même essayer de me renseigner sur elle. D'après Kaede il semblerait qu'elle soit la plus jeune tisserande du village. Elle vit seule à l'orée de la forêt... Suis- je bête je ne suis pas prés de la forêt mais en plein centre du village ! Voilà pourquoi je n'entends rien. Vite ! en direction peut-être de cette petite cabane que j'ai aperçue en arrivant. Voilà, je l'entends maintenant; il me reste à me laisser guider vers l'endroit d'où provient ce chant. Ah ! je l'aperçois elfe est devant la porte en train de filer sa laine, et elle chante une autre mélodie encore plus belle que la première que j'ai entendue. J'en suis désormais sûr : c'est elle ! Merci, mon voyage s'est bien passé j'ai trouvé ce que je cherchais, je me suis fait un nouvel ami et je vais peut-être m'en faire une autre. Pourvu que tout se déroule encore aussi bien.
Mes cinq jours passés à « Otosi » ont été merveilleux. Kenji, de son prénom, est une fille fabuleuse elle connaît tout sur ce qui l'entoure et de plus, parle plusieurs langues; elfe m'a appris énormément de choses. A force de travailler sur son métier à tisser, sa vue a baissé mais son ouie s'est, elfe, au contraire développée. Elle entend le moindre son : celui de la fleur qui pousse, du bourgeon qui s'ouvre, du vent selon ses humeurs, elle reconnaît chaque chant d'oiseau, chaque bruissement d'aile... et tant d'autres choses encore. Elle m'a aussi expliqué que le vent lui avez apporté tous les chants du monde, que tes hommes avait en fait, tout simplement, essayé, créant leurs instruments, leurs rythmes, leur musique, de raconter à leur manière les sons de la terre. Que tous les sons de tous les instruments étaient tirés de la terre et de ses merveilles. Kenji a approuvé mon projet mais m'a dit que pour cela elle n'avait en aucun cas besoin de me suivre. Nous avons donc, durant ces cinq jours, joué notre musique : elle me chantait tous les sons et moi je les mettais en ordre, nous avons ainsi créé des rythmes et mélodies jamais entendus, des tonalités que moi-même ne soupçonnait pas... Et finalement mon rêve s'est réalisé grâce à nos efforts mais aussi notre plaisir ! Cette mélodie, je l'ai apprise, elle est gravée dans mon coeur et il me restera désormais à la reproduire avec tout ce que je possède.
Mon désir le plus cher aurait été que Kenji me raccompagne mais elfe préférait rester dans son pays, ici en Chine. Elle m'a dit avoir passé de fabuleux moments avec moi. Maintenant je vais devoir la quitter, pourtant je ne sais pas comment la remercier pour ce qu'elfe a fait pour moi. je dois partir, quitter ce village, cette forêt, cette fille... Mais une partie de moi va rester attachée ici, de même qu'une part de ce que j'y ai vécu va partir en moi. je vais retrouver mon pays, ma ville, ma maison, mes instruments et sûrement aussi la gloire....mais cela n'a plus la même valeur. j'ai compris que toute la musique de la Terre fait partie de nous et nos voix, autour du monde, tente de la partager avec l'autre, différent et pourtant si semblable à nous. Nos musiques sont faites, comme les fils de mon amie Kenji, pour être tissées ensemble et ajouter de la beauté au monde !
J'écrivis ma musique et le premier soir où il me fut donné de la jouer en public, je commençais par un silence, un silence vibrant de la présence de Kenji et je me souvint de ce qu'elfe m'avait dit en me quittant « Le langage musical voyage sans passeport et sait se faire comprendre de toutes les âmes. Les frontières s'abolissent, il n'y a plus de nom de pays, plus de mots incompris. » J'ignore où elle l'avait [u, mais cela donnait une nouvelle voie à ma musique. Le concert fut un triomphe