Naissance d’une revue littéraire polynésienne retour à l'accueil  
les sept écrivains tahitiens fondateurs de la revue

Il faut parler de cette revue, Littérama’ohi, de son premier numéro «Ramées de littérature polynésienne» Te Hotu Ma’ohi (mai 2002).
Parler de celle qui l’anime, la porte et l’a présentée ce jeudi 16 mai 2002, avec beaucoup d’émotion à l’OTAC devant un public attentif et chaleureux.
Dire l’inquiétude des sept écrivains fondateurs réunis, comme pour une photo de classe en début d’année.

Ils ont tous répondu à la question « Pourquoi écrivez-vous ? »
Ils ne savaient pas, ils le savaient trop bien.
Comme ça, parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement, parce qu’il faut être reconnu.
Parce qu’il y a la langue polynésienne, une culture à défendre.
Il faut dire son enfance, se souvenir de ce qui fut le bonheur, se réapproprier son histoire.
Il faut sauver le passé certes, mais parler aussi de l’avenir.
En fait tous les écrivains disent la même chose.

Ils osent dire comme Flora Devatine :
« Et il y a bien aujourd’hui une littérature polynésienne.
Elle existe,
Elle est comme elle est,
Et elle est comme les auteurs polynésiens ont pensé qu’elle est et disent qu’elle existe, aujourd’hui,
C’est à dire différente, variée, polynésienne, multilingue. »

Cette revue parle de « naissances ».
Chacun y raconte la sienne ainsi que sa venue à l’écriture. Moments rares et émouvants.
A lire les articles, on sent que la coquille se brise, que ces auteurs s’ouvrent au monde, sont enfin prêts à l’explorer. Ils revendiquent le droit d’écrire dans les deux langues et même celui d’être traduits.

Nous devons être les lecteurs curieux qui les soutiennent.

Laissons encore la parole à Flora Devatine :
« En fait, on sait qu’il faut écrire et qu’il y a cette nécessité d’une écriture spécifiquement polynésienne,
Mais entre le moment de la formulation de l’idée et le passage à l’acte, il peut s’écouler du temps !
Car, jusque-là les gens voulaient bien écrire, mais n’osaient le faire,
Peu familiers de l’écriture, doutant d’eux-mêmes, ils tergiversaient,
Ne se sentant pas des qualités, des compétences, pour se lancer dans l’aventure de l’écriture.

Et chez ceux qui arrivent à dépasser leurs propres limites pour répondre à leur désir d’écrire,
La pensée d’un public de lecteurs scrutant, décortiquant le texte et son auteur, souvent suffit à les arrêter, à les bloquer !
Ce sont de tels freins humains, culturels, psychologiques, de comportements, de ressentis, réels ou imaginés par celui qui les vit en lui-même… qui sont exprimés.

Aujourd’hui, de toutes les formes d’expression, intellectuelles, artistiques, esthétiques, théâtrales, Celle littéraire, celle par l’écriture, doit être encouragée, soutenue. »

Le conseiller pédagogique
Jean-Luc Picard cp.lettres@itereva.pf

Contact : Flora Devatine, BP 3813, 98713 Papeete ~ fax : (689) 820 680 ~ courriel : tahitile@mail.pf

     
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