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Ils ont tous répondu à la question « Pourquoi
écrivez-vous ? »
Ils ne savaient pas, ils le savaient trop bien.
Comme ça, parce qu’ils ne peuvent pas faire
autrement, parce qu’il faut être reconnu.
Parce qu’il y a la langue polynésienne, une culture
à défendre.
Il faut dire son enfance, se souvenir de ce qui fut le bonheur,
se réapproprier son histoire.
Il faut sauver le passé certes, mais parler aussi de
l’avenir.
En fait tous les écrivains disent la même
chose.
Ils osent dire comme Flora Devatine :
« Et il y a bien aujourd’hui une littérature
polynésienne.
Elle existe,
Elle est comme elle est,
Et elle est comme les auteurs polynésiens ont pensé
qu’elle est et disent qu’elle existe,
aujourd’hui,
C’est à dire différente, variée,
polynésienne, multilingue. »
Cette revue parle de « naissances ».
Chacun y raconte la sienne ainsi que sa venue à
l’écriture. Moments rares et émouvants.
A lire les articles, on sent que la coquille se brise, que ces
auteurs s’ouvrent au monde, sont enfin prêts à
l’explorer. Ils revendiquent le droit d’écrire
dans les deux langues et même celui d’être
traduits.
Nous devons être les lecteurs curieux qui les
soutiennent.
Laissons encore la parole à Flora Devatine :
« En fait, on sait qu’il faut écrire et
qu’il y a cette nécessité d’une
écriture spécifiquement polynésienne,
Mais entre le moment de la formulation de l’idée et
le passage à l’acte, il peut s’écouler
du temps !
Car, jusque-là les gens voulaient bien écrire, mais
n’osaient le faire,
Peu familiers de l’écriture, doutant
d’eux-mêmes, ils tergiversaient,
Ne se sentant pas des qualités, des compétences,
pour se lancer dans l’aventure de
l’écriture.
Et chez ceux qui arrivent à dépasser leurs propres
limites pour répondre à leur désir
d’écrire,
La pensée d’un public de lecteurs scrutant,
décortiquant le texte et son auteur, souvent suffit
à les arrêter, à les bloquer !
Ce sont de tels freins humains, culturels, psychologiques, de
comportements, de ressentis, réels ou imaginés par
celui qui les vit en lui-même… qui sont
exprimés.
Aujourd’hui, de toutes les formes d’expression,
intellectuelles, artistiques, esthétiques,
théâtrales, Celle littéraire, celle par
l’écriture, doit être encouragée,
soutenue. »
Le conseiller pédagogique
Jean-Luc Picard cp.lettres@itereva.pf
Contact : Flora Devatine, BP 3813, 98713 Papeete ~ fax : (689)
820 680 ~ courriel : tahitile@mail.pf
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