|
Des élèves de 3° du collège de
Faa’a ont présenté les 6 et 7 juin 2002, dans
le cadre d’une exposition ayant pour thème « Soleil : lumière, chaleur et énergie :», des
travaux et des expériences réalisés pendant
l’année. Leur professeur de physique, Jean-Louis
Tastet, a conçu un projet en
trois phases. D’abord l’apprentissage de
l’expérimentation en classe, ensuite la
réalisation de plusieurs objets liés à
l’énergie solaire et au respect de
l’environnement (par exemple, un séchoir à
fruits, un four solaire, un distillateur solaire….) et
enfin, la partie qui nous intéresse plus
particulièrement, la présentation des travaux et
des expériences aux autres élèves (collège et écoles
primaires).
Ce sont les élèves eux-mêmes qui ont
expliqué à leurs camarades la distillation de
l’eau de mer, le fonctionnement d’une pile ou le
spectre des couleurs. Beaucoup d’élèves,
jugés passifs en classe ou incapables de s’exprimer,
ont montré à cette occasion des qualités
insoupçonnées : ils ont su faire part de leur
expérience et expliquer les notions essentielles de
physique concernant la lumière à des camarades
exigeants.
Une telle expérience montre que la maîtrise de la
langue s’exerce et se vérifie dans des situations de
communication vraies. Des élèves désireux de
faire partager leurs connaissances doivent élaborer un
discours qui met en relation des notions souvent abstraites
abordées en cours. Ils ont senti, au cours de ces
journées d’exposition, la difficulté de dire
clairement ce qu’ils avaient confusément senti. Le
travail, souvent tâtonnant au début, sur le vocabulaire, la syntaxe,
la diction, ou l'argumentation ne peut être
séparé du travail particulier de la discipline
enseignée. On possède un savoir quand on est enfin
capable de le mettre en mots pour le faire partager aux
autres.
Si tous les professeurs sont professeurs de langue, cela ne
signifie pas qu’ils deviennent tous professeurs de
français. Chacun, dans sa discipline, peut créer
des situations vraies et stimulantes où les
élèves sont amenés à produire des
discours, écrits ou oraux. L’activité
discursive amène l’élève à se
décentrer et à s’occuper de l’autre.
Produire un discours l’oblige, en effet, à prendre
en compte la situation de communication, à s’assurer
de la réception et à travailler sur les codes
linguistiques. Cette exigence est fondamentale non seulement dans
la transmission des savoirs mais dans leur élaboration.
Mettre les élèves en situation
d’enseignement, après leur avoir permis de fabriquer
les objets dont ils parlent, permet de vérifier
s’ils se sont approprié vraiment les connaissances
qui leur étaient proposées. Cette exposition
n’a pas été seulement un moment où des
élèves présentaient passivement sur des
panneaux le résultat de leurs travaux, elle a
été surtout un moment d’activité
linguistique formateur dont toutes les disciplines, y compris la
nôtre, bénéficient.
Le conseiller pédagogique, Jean-Luc Picard
|