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acrostiches, jouer avec la place des lettres




   

La nuit descend
On y pressent
Un long un long destin de sang

Guillaume Apollinaire
Poème à Lou, 30 janvier 1915

     

Mon beau chat, je contemple ton regard
Intelligent et pailleté d'or.
N'aie crainte : je serai toujours
Où tu seras, car tu es mon ami
Unique.

   

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud
Le dormeur du val

 


L'amour est libre il n'est jamais soumis au sort
O Lou le mien estplus fort encore que la mort
Un coeur le mien te suit dans ton voyage au Nord

Lettres Envoie aussi des lettres ma chérie
On aime en recevoir dans notre artillerie
Une par jour au moins une au moins je t'en prie

Lentement la nuit noire est tombée à présent
On va rentrer après avoir acquis du zan
Une deux trois À toi ma vie À toi mon sang

La nuit mon coeur la nuit est très douce et très blonde
O Lou le ciel est pur aujourd'hui comme une onde
Un coeur le mien te suit jusques au bout du monde

L'heure est venue Adieu l'heure de ton départ
On va rentrer Il est neuf heures moins le quart
Une deux trois Adieu de Nîmes dans le Gard

Guillaume Apollinaire
Poème à Lou, Nîmes, 4 février 1915





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