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Lettres du front écrites par les élèves


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Le 6 août 1916,

A ma chère Marie,

Aujourd'hui, je me trouve dans un hôpital près de Nice. Dans une chambre assez modeste. Ne t'inquiète pas pour moi. Les médecins s'occupent bien de moi. Marie, je reste encore à de vagues souvenirs de la bataille, celle de Verdun, mais je tiens à te raconter, afin de te rassurer.

Tout a commencé quand les Allemands ont tiré dans les tranchées. Comme notre capitaine avait été tué la veille, le lieutenant a pris sa place. Derrière les arbres, il y en avait qui se cachaient. Alors on s'est aplati et je regardais si le lieutenant disait d'avancer ou de reculer. J'ai pris ensuite une balle au cou, elle ne m'a pas coupé la grande artère, douce Marie, elle l'a entamée mais pas coupée. Je saignais, mais quelqu'un me tenait malgré la défense des supérieurs de s'occuper d'un blessé. Il y en avait trop.

Crois-tu, mon amie, que si on leur avait obéi, je serais là aujourd'hui ? J'en doute fort ! Car lui il me tirait toujours et ce n'était pas mon heure d'être tué. Puis il y a eu une balle qui m'est rentrée dedans. Quand elle a touché ma mâchoire, elle a éclaté, puis tout est parti.

Oh ! Marie ne t'inquiète pas. Ne plus te voir est bien pire que tout.

Mais ma joue pendait. Cela me faisait terriblement mal. Les gens me croyaient mort. Je ne sais pas combien de temps je suis resté à terre. Je n'ai rien senti. Ce n'était pas mon heure. Mais les balles sifflaient tout autour de moi.

Rassure-toi, je reviendrai bientôt auprès des miens .

Marius

  Graziella  

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Chère Aoniti,

Je voulais te dire un petit bonjour. Je suis à l'hôpital, j'ai été blessé durant la bataille. Ne te fais pas de soucis, je vais bien. Je vais te dire comment s'est passée la bataille.

Tout a commencé quand nous étions dans les tranchées. Nos ennemis étaient au loin, on les voyait à peine. Les coups de fusils ont commencé à siffler. Quelques heures plus tard, nos ennemis étaient debout dans les tranchées et ils tiraient. Le capitaine avait été tué la veille. Le lieutenant a pris le commandement. Il était bien gentil et puis il marchait comme nous. On avançait, c'étaient des fourrés. Il y en avait qui se cachaient derrière les arbres. Nous nous sommes aplatis par terre et je regardais le lieutenant pour voir s'il disait d'avancer ou de reculer. Peu de temps après, j'ai pris une balle. Elle est rentrée par le cou, elle a coupé la grande artère. Elle a été entamée mais pas coupée et je saignais beaucoup. Le lieutenant me tenait puis il m'a dit : " Ne reste pas là, ils vont attaquer. " Alors je lui ai demandé de m'enlever tous mes équipements, puis il m'a écouté. Il me les a retirés et m'a dit de m'en aller très loin d'ici. "Ne reste pas là !" Alors je lui ai dit de m'emmener avec lui et il m'a répondu qu'il ne pouvait pas m'emmener avec lui et que je savais pour quelle raison.
C'est vrai, la veille, on avait dit : " Défendu de s'occuper d'un blessé, parce qu'il y en a trop."
Quand il y avait un blessé, il y en avait 2 ou 3 pour le ramener.
Alors je lui dit " Ah oui !" et je suis retombé. Et il me tirait toujours, ce n'était pas mon heure d'être tué, la balle était rentrée au cou. Elle avait touché la mâchoire, j'étais gravement blessé. Alors un copain qui était de Sorbiers m'a dit : " Quand je t'ai vu t'en aller, j'ai pensé que tu n'irais pas loin avec une blessure à la mâchoire." Puis j'ai été porté pour mort. Je ne sais pas si je suis resté un certain temps à terre, je n'ai rien senti, je suis parti et puis ce n'était pas mon heure !
Les balles sifflaient, sifflaient.

Marius

  Nilda  

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Lundi 22 novembre 1916

À ma chère Claude,

J'espère que tu vas bien. En ce moment je me sens près de toi. Claude, sache que je t'aime et que je pense beaucoup à toi. Tu me manques beaucoup. Je suis dans un hôpital en France. Je vais bien. Bon, je vais te raconter ce qui m'est arrivé.

Pendant que nous passions à l'attaque, avec le lieutenant qui avait pris le commandement, j'ai reçu une balle au cou. Heureusement elle n'a pas coupé la grande artère. Je saignais, le lieutenant m'a tenu et il m'a demandé de ne pas rester là parce que les Allemands allaient m'achever. Alors je lui ai demandé : " Enlève mes équipements ". Et il m'a tout enlevé. Il ne pouvait pas s'occuper de moi, parce que c'était défendu, il y avait trop de blessés et qu'il fallait deux ou trois soldats pour emmener un blessé. Et puis j'ai dit oui, je suis retombé .. Lui me tirait toujours . C'était pas mon heure d'être tué. La balle avait touché ma mâchoire. Alors, le copain qui était de Sorbiers m'a dit après : " Quand je t'ai vu en aller, j'ai pensé : il va pas aller bien loin avec..."
J'ai été porté mort.

Maintenant que la bataille est terminée, je suis bien content d'être en vie. J'ai reçu quelques visites de mes amis. Et il m'ont affirmé qu'il y avait bien plus de morts. Sur 10000 combattants, il y a eu 7000 morts. Est-ce que tu vois un peu ? J'aurais pu être tué moi aussi, mais par la bonté de Dieu j'ai été épargné.

J'espère que tu ne te fais pas de soucis. Que Dieu te protège, mon amour, je serai là dans deux jours. Je pense beaucoup à toi.

Marius

  Adam  

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Verdun, le 20 juillet 1916

À ma chère et tendre épouse Marie,

Tout d'abord je t'envoie le bonjour même si ce jour n'est pas vraiment bon pour moi. J'espère que tu te portes bien. Je pense beaucoup à toi, tu me manques énormément, j'aimerais te serrer dans mes bras et ne plus te laisser partir.
Je t'écris pour te donner de mes nouvelles.
En ce moment-même je suis sur un lit d'hôpital, j'ai été blessé voilà déjà une semaine, et c'est pour cela que je n'ai pas pu t'écrire.
Voici ce qui s'est passé.
Le lieutenant avait pris le commandement car le capitaine avait été tué.
Il était très gentil, il marchait avec nous dans les fourrés. Les ennemis étaient cachés derrière les arbres. Nous ne les voyions pas lorsque les balles sont parties. J'ai pris une balle au cou qui, heureusement, n'a pas coupé la grande artère mais qui a touché la mâchoire qui a éclaté. Et puis tout est parti : la bouche, les dents et ma joue.
Mais je t'en prie, ma chère, ne t'inquiète pas. Je crois que je me suis évanoui car je ne me souviens pas d'avoir été transporté à l'hôpital. Je suis complètement défiguré, ce qui est préférable à la mort, car j'aurais laissé la personne que j'aime plus que tout dans un monde de cruauté, de méchanceté et de trahison.
J'espère te revoir dans quelques jours.
Sur ce, ma chère, je te quitte sur ces dernières paroles.
Ton tendre époux qui t'aime énormément.


Marius

  Moeata  

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À Reims, le 25 janvier 1917

À ma très chère et tendre Vaiheanarii,

Pour commencer ma petite lettre, j'envoie plein de bisous sur ta petite bouche et à mes petits amours . Au moment même où je t'écris, je suis à l'hôpital de Reims, car j'ai été blessé en allant me battre.

La vie dans les tranchées est très difficile, je ne sais même pas comment te l'expliquer. Il y a une semaine de cela, j'étais dans les tranchées avec les autres, nous étions en train de viser des Allemands. Je crois qu'au moment où nous étions en train de nous battre, Tauateani et Mataua ont été tués, ils n'ont pas pu survivre à l'assaut. Lorsque j'ai su qu'ils étaient morts, je me suis promis que j'allais les venger. Si tu savais comme j'aimerais être dans tes bras, en ce moment-même. La semaine dernière, avant que je ne vienne ici après ma blessure, j'ai vu la plupart de mes amis mourir dans les tranchées, j'ai cru même un jour que j'allais y passer.
La peur, la joie je ne sais même plus ce que cela veut dire. Parfois, je m'imagine que, pendant que je suis en train de me battre, il y a un de mes amis qui vient et qui me tue. Mais je sais que cela ne se produira pas. Je t'écris aussi car je voudrais te dire dans quel état je suis. J'ai reçu une balle qui m'a touché en pleine poitrine et j'ai eu une opération.
Mais je veux que tu saches, malgré mes blessures, que je me sens un peu mieux et je crois que je vais bientôt retourner dans les tranchées. Tu sais malgré l'éloignement qui nous sépare, je voudrais que tu saches que je t'aimerai toujours. Vaiheanarii, je veux que tu saches que, si je péris dans cette guerre, je veux que mon amour soit toujours en toi et que ta vie continue. Je veux que la personne qui me succédera aime mes deux petits amours.

Après avoir terminé ta lettre, j'écrirai à mes parents qu'il faudra toujours t'accueillir même si je ne suis plus de ce monde.

Ton mari qui t'aime. Tauateani

  Warena  

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Ma chère Solange,

Tu me manques horriblement. En ce moment, je suis à l'hôpital. J'ai reçu une balle dans la joue. Ce n'est rien. Ma joue est recousue et ma mâchoire réparée. Le temps passé ici sans toi est horrible même si je ne suis pas souvent auprès de toi.
Je vais te donner quelques détails.
C'était le matin vers 10 heures. Moi et quelques soldats, nous étions dans les tranchées sinistres, infestées de rats. On nous a donné l'ordre de sortir des tranchées. Nous sommes sortis, nous nous sommes mis en position et nous avons attendu le signal d'attaquer. Quand le signal a été donné, on a couru vers les Allemands qui étaient dans les tranchées opposées. Ils étaient levés, tous prêts à nous fusiller. Les coups de fusils venaient de partout, c'est à croire que les Allemands ne savent pas tirer. On n'avait pas le droit de tirer, seulement de suivre les instructions du lieutenant.
La veille, le capitaine des tranchées A, B et C, dont moi je faisais partie, était mort. Mon collègue de droite était un Tahitien . Ce que j'ai aimé avec notre lieutenant, et ce qui est rare, c'est qu'il marchait dans les fourrés comme nous. Pour ne pas recevoir les balles, j'étais obligé, ainsi que mes collègues, de me cacher derrière des arbres (enfin, ce qu'il en reste), de m'aplatir et même de creuser un trou pour y mettre la tête.
Quand j'ai été touché, mon copain de Sorbiers était à côté de moi et il me disait que je ne devais pas rester sur le champ de bataille sinon les Allemands allaient me tuer.
Je ne voulais pas finir mes jours sur ce champ rempli de choses affreuses, je voulais les terminer avec toi. Je savais que c'était pas mon heure et j'avais raison. Je l'ai supplié de m'emmener avec lui, je voulais échapper à ces odeurs puantes, à tous ces cadavres. Mais il ne pouvait pas parce qu' on nous avait strictement interdit de prendre les blessés, soi-disant qu'il y en avait trop. Mais apparemment, mon ami a fait une exception et je le remercie. Le pire, ma chérie, c'est qu'on m'a cru mort.

Au revoir et je te dis à bientôt.



Marius

  Solange  

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Lyon, le 25 octobre 1916

À ma chère et tendre épouse Shirley,

Tu me manques tellement, j'aimerais que tu sois là auprès de moi.Tu sais, je t'ai toujours aimée depuis le premier jour au port d'Alexandrie. Je savais que nous étions faits l'un pour l'autre. Je t'écris parce que je suis dans un hôpital à Lyon. Mais ne t'inquiète pas je vais très bien.
Tout d'abord je voudrais te raconter l'histoire que j'ai vécue hier. Les Allemands étaient debout dans les tranchées. Il tiraient sur nous. Notre capitaine avait été tué la nuit d'avant, et le lieutenant avait pris le commandement. Quand on avançait, il y avait des Allemands qui se cachaient derrière les arbres.
On s'est aplati. Je regardais si le lieutenant disait d'avancer ou de reculer. Alors j'ai reçu une balle. Elle est entrée au cou, elle ne m'a pas coupé la grande artère, elle l'a entamée et pas coupée. Je saignais. Le lieutenant me tenait je ne sais pas si je suis resté longtemps. Alors, il m'a dit de ne pas rester, sinon les Allemands allaient m'attaquer et m'achever. Je lui ai demandé de m'enlever mes équipements. Il m'a tout enlevé et il m'a dit qu'il ne fallait pas rester et qu'il fallait s'en aller. Alors je lui ai dit de m'emmener et il m'a dit qu'il ne pouvait pas. C'est vrai, ils avaient dit que c'était défendu de s'occuper d'un blessé, parce qu'il y en avait trop. Lui, il me tirait toujours. C'était pas mon heure d'être tué. La balle était entrée dans la mâchoire et elle avait éclaté. Je ne t'en dis pas plus.
Je voudrais que tu embrasses mon fils de ma part. Je t'embrasse très fort sur la bouche.

Marius

  Yvan  

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À Verdun, le 7 juin 1916

À ma tendre et très chère Amélie,

Avant de commencer à écrire, je t'envoie une grosse bise sur la joue pour te dire que je vais très bien. J'espère que tu es en bonne santé et que tu te rétablis assez vite. Je t'écris pour te raconter ce qui m'est arrivé pendant la bataille. Rassure-toi, il ne m'est rien arrivé de grave. Ces temps-ci, j'ai eu quelques problèmes, mais ce n'est rien d'important. Es-tu prête à entendre mon discours ? Alors je commence, voilà ce qui s'est passé. La bataille s'est déclenchée. Les Allemands étaient debout dans les tranchées et ils tiraient. Jusqu'à présent, tout va bien. Comme le capitaine avait été tué la veille, le lieutenant Bernard Deway avait pris le commandement. Il nous a ordonné d'avancer. Il marchait comme nous, à pas lourds. C'étaient des fourrés. Il y en avait qui se cachaient derrière des arbres. Alors, sans prendre de risque, le lieutenant nous a fait signe de nous aplatir pour ne pas qu'on nous repère. De temps en temps, je regardais si le lieutenant nous disait d'avancer ou de reculer. C'est à partir de là que ça s'est gâté, mais ne t'en fais pas, je ne risque pas de te choquer.
Je reprends. C'est là que j'ai reçu cette balle. Elle est entrée par mon cou mais elle n'a pas coupé la grande artère. Elle a été entamée, mais pas coupée. Je saignais mais heureusement que l'un de mes camarades est venu m'aider. Il me tenait et je ne sais même pas si je suis resté longtemps. Il me regardait et m'a dit qu'il ne fallait pas que je reste là car ils risquaient peut-être de m'attaquer et de m'achever d'un coup de fusil. Alors, je lui ai demandé de m'enlever mes équipements et il m'a obéi. Tout en enlevant mon sac, il disait qu'il fallait que je m'en aille le plus vite possible et qu'il ne fallait pas que je reste là une minute de plus. Ensuite, je lui ai demandé de m'emmener avec lui mais il a refusé. Il ne pouvait pas m'emmener. Je le savais très bien. Lorsqu'il y avait un blessé, il fallait le laisser mourir. C'est vrai, la veille ils avaient dit qu'il était défendu de s'occuper d'un blessé parce qu'il y en avait trop. Quand il y avait un blessé, il y avait deux ou trois soldats pour le secourir. Alors, je lui ai répondu que c'était vrai et je suis retombé d'un seul coup. Lui, il me tirait toujours. C'était pas mon heure d'être tué. La balle qui était entrée, me faisait toujours mal. Elle avait touché la mâchoire et elle avait éclaté. Tout était parti : la bouche, les dents et la joue pendait. Alors le copain qui était de Sorbiers m'a dit après, quand il m'a vu m'en aller, qu'il avait pensé que je n'irais pas très loin avec ma mâchoire qui pendait.
J'étais mort de fatigue. Ensuite je ne sais plus. J'ai plus rien senti et je suis parti. C'était pas mon heure et les balles continuaient toujours à siffler. Et je me suis retrouvé à l'hôpital avec mes blessures que je n'arrivais pas à supporter. J'étais obligé de prendre des médicaments. Et le pire, c'est que je devais emprunter une chaise roulante. Voilà ce que j'ai enduré.
J'espère que je ne t'ai pas trop fatiguée à te raconter mais il fallait que je te dise tout. A présent, il faut que je te laisse. Je t'embrasse très fort et j'ai hâte de me blottir contre toi.

Marius

  Christian  

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Verdun , le 5 février 1916

Chère Anne,

Je sais que ça fait plusieurs mois que je ne t'ai pas donné de mes nouvelles mais je veux seulement te dire que je suis toujours en vie.
Le capitaine avait été tué la veille et c'est le lieutenant qui avait pris le commandement. Je le regardais jusqu'à qu'il nous dise d'avancer ou de reculer. Là, une troupe de soldats s'est avancée vers nous. Ils ont tiré sur nous et c'est à ce moment que j'ai reçu une balle. Tout de suite on m'a envoyé à l'hôpital. Les médecins m'ont juste dit que la balle était rentrée par le cou et de justesse elle n'avait pas coupé la grande artère. Elle a juste été entamée. Une autre balle a touché ma mâchoire. Ma mâchoire a éclaté et tout ça est parti : ma bouche et mes dents.
Maintenant je vais très bien. Ne t'inquiète pas pour moi, j'ai reçu aussi la visite d'un enquêteur qui voulait me poser des questions sur ce qui s'est passé durant la bataille.

Marius

  Makereta  

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