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2e partie Lectures de lettres et de
certains poèmes d'Apollinaire (Calligrammes
1918)
Les lettres sont intéressantes à
plusieurs titres. Elles sont comme les autres lettres des
témoignages sur la guerre (l'attente, le front, la
blessure). Elles montrent l'importance de la correspondance
pour les poilus. Et enfin, du point de vue de la création
littéraire, elles révèlent un auteur qui "
essaie " dans sa correspondance les textes poétiques qu'il
publiera plus tard.
Quelques exemples pris dans les lettres
Lettre du 1er° octobre 1915
:
" C'est 4 h. du matin
Je me lève tout habillé
Je tiens la savonnette à la main
Que m 'a envoyée quelqu'un que j'aime
Je sors du trou où nous dormons "
...
Lettre du 2 décembre 1915 :
" Il n'y a pas de poux de tête, mais rien que des poux du
corps et des poux du pubis. "
Lettre du 2 décembre 1915 :
" Effrayante monotonie d'une vie d'où l'eau, même
l'eau non potable est absente.
O pures tranchées comme des
lys qui fleurissent en terre au lieu de fleurir vers le ciel.
C'est la terre même qui fleurit. "
On peut faire remarquer que la permission de
Guillaume va tarir l'inspiration des lettres. Après la
permission, signe d'une déception, les lettres ne seront
plus aussi abondantes. Elles deviendront plus sèches. La
correspondance a une histoire : elle naît se
développe et se tarit. Il a dû en être de
même pour beaucoup de Poilus.
Il est intéressant, à ce moment de la
séance, de distribuer certains poèmes de
Calligrammes et de montrer ce qu'il y a de commun entre
les lettres des poilus (dont celles d'Apollinaire) et les
poèmes du recueil. On mettra ainsi en évidence
l'importance du travail de transposition poétique.
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