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Quelques éléments sur la société de l’époque.

La société au XIXe siècle connaît des bouleversements sans précédent : elle s’industrialise et déserte les campagnes pour occuper les villes.
Néanmoins, elle reste très cloisonnée et les différentes couches sociales ne se mélangent pas. La femme garde un statut de mineure1 : elle est sous l’autorité d’abord de son père puis de son mari. Son éducation se fait au couvent où elle reste jusqu’à son mariage.

Oralement : préciser que si elle ne trouve pas de mari, elle reste au couvent + problème de la dot.

1. Elle n’est jamais émancipée.


Document sur la société, les prix et les salaires de l’époque. Il figure sur Magister, site qui propose une séquence sur La Parure, niveau lycée. Ce document est reproduit ici avec la permission de monsieur Philippe Lavergne, que nous remercions.



La petite bourgeoisie.
  Entre bourgeoisie et prolétariat, distinction que font les marxistes, il existe d'autres éléments de distinction de classe. De fait, certains groupes de pression, certaines couches sociales ont un pouvoir décisionnel important dès le XIX° siècle. Il est donc pertinent de définir plus de deux classes dans une société et introduire les concepts supplémentaires de couches ou de strates sociales.   La petite bourgeoisie du XIX° siècle est une de celles-ci. Ses origines ne sont pas simples mais il existe, par-delà les divergences qui la distinguent du prolétariat ouvrier, une unité qui est la précarité de l'existence.   Même dans le cas des petits fonctionnaires, les salaires sont tels, avant 1885, qu'ils permettent à peine la satisfaction des besoins de base : nourriture, vêtements, logement.

PRIX ET SALAIRES VERS 1880
- Salaire journalier du manœuvre de province en 1880 : 2,60 F
- Salaire annuel total courant de l'ouvrier professionnel à Paris en 1875 : 2.500 F (mensuel : moins de 300 F)
- Prix du kg de pain de blé à Paris en 1880 : 0,42 F
- Prix du kg de sucre en 1875 : 1,60 F (près de huit fois le salaire horaire de référence)
- Prix de la douzaine d'œufs en 1875 : 1,10 F
- Prix du louis d'or en 1880 : 20 F

Si l'on sait que le salaire annuel moyen d'un commis aux écritures dans quelque ministère n'est supérieur que de moitié à celui de l'ouvrier, on comprend mieux sans doute la fragilité de la barrière qui sépare ces deux catégories, d'autant que la garantie de l'emploi est loin d'être assurée. Cela signifie que la moindre anicroche tourne rapidement à la catastrophe : une grippe qui empêche de travailler quinze jours, un bras cassé qui se remet mal, et c'est la misère la plus complète.
  La paupérisation subite des ménages n'est pas un cas isolé. Qu'un sinistre vienne affecter la situation d'un commis de ministère, par exemple, et c'est l'engrenage implacable de l'endettement. Les emprunts aux intérêts superposés, le taux incontrôlé de l'usure obligent l'employé à des sacrifices exorbitants. Il n'est pas rare que, pour y faire face, celui-ci allonge par des travaux subsidiaires (comptes de commerçants, copies à cinq sous la page) une journée déjà fixée pour la plupart à douze ou quatorze heures de travail effectif. Ajoutons à cela les temps de déplacement et imaginons ce qui reste à l'employé pour se reposer et avoir une vie de famille.
  Cette dernière est réduite au strict minimum, homme et femme n'ayant pas les mêmes horaires. Restée au foyer, celle-ci connaît la vie dure des ménages ouvriers. Si l'incapacité de son mari ou une circonstance imprévue la privent du maigre personnel de maison (une bonne bretonne) que certains peuvent s'offrir, son lot est le même que dans les familles ouvrières : gros travaux du ménage, entassement dans des lieux sordides loués fort cher, caves ou greniers. L'hygiène est inexistante, la promiscuité affolante.
  Ces ménages petit-bourgeois paupérisés pour une raison ou pour une autre ajoutent aux souffrances quotidiennes de la classe ouvrière un sentiment d'humiliation qui se traduit souvent par un surcroît de fierté et un acharnement à retrouver la situation perdue, ce qui peut prendre parfois une dizaine d'années.

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