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Monsieur l’ éditeur
Bonjour,
je m’appelle Luis Sepulveda.
Je viens de terminer un livre qui a comme titre :
Le Vieux qui lisait des romans d’amour.
Je vais vous résumer l’histoire.
Lorsque les habitants d’El Idilio découvrent,
dans une pirogue, le cadavre d’un homme blond
assassiné, ils n’hésitent pas à
accuser les indiens de meurtre. Seul Antonio
José Bolivar déchiffre dans
l’étrange blessure la marque d’un
félin. Il a longuement vécu avec les
Shuars, connaît, respecte la forêt
amazonienne et a une passion pour les roman d’ amour.
En se lançant à la poursuite du fauve,
Antonio José Bolivar nous entraîne dans
un conte magique, un hymne aux hommes d’Amazonie dont
la survie même est aujourd’hui menacée.
J’ai écrit ce livre parce que les Indiens (les
Shuars) de l’Amazonie sont aujourd’hui même
menacés. Ils ne sont plus qu’une trentaine de
familles. I1s ne vivent pas comme nous. Eux, ils
vivent de leur chasse, de leur cueillette et de leurs
cultures.
La forêt elle-même est menacée.
Il y a des braconniers qui tuent n’importe quel
animal, sans savoir qu’il est en voie de disparition
et ils arrachent des plantes très rares, alors
qu’elles sont elles aussi en voie de
disparition.
Monsieur l’éditeur, je vous demande de
publier ce livre pour que le monde sache ce que j’ai
éprouvé en regardant cette scène
et en écrivant cette histoire. Si vous publiez
ce livre, je vous serai reconnaissant.
Merci de votre amabilité, de votre sagesse et
de votre gentillesse. Envoyez-moi vite votre
réponse.
A bientôt.
Luis Sepulveda
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