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Lambeaux, Charles Juliet |
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Les combats de boxe |
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Ta seconde année démarre sous de bons auspices. Tu as le même chef de section que la première année, et en plus de son service à la compagnie, il enseignera désormais le noble art. Il a naguère été Champion de France militaire dans la catégorie des poids moyens, et pour plusieurs raisons tu l’admires. Aussi quand on te demande quel sport tu veux pratiquer, tu choisis évidemment la boxe. À peine as-tu appris quelques rudiments aux côtés des débutants de ton âge, qu’il organise des combats entre vous. Il aime vous voir vous flanquer de sérieuses peignées, s’esclaffe bruyamment quand l’un de vous se fait desendre et reste étendu pour le compte. Lors de ces combats de trois rounds de deux minutes, afin d’attirer son attention, de gagner peut-être son amitié, tu t’emploies à prouver que tu ne crains pas de recevoir des coups et que tu ne détestes pas en donner. Parfois, tu saignes du nez, vois des étoiles papilloter devant tes yeux, ou sonné, épuisé, te retrouves au tapis sans avoir force de te relever. Mais rien ne saurait rebuter l’ardeur dont tu fais montre. Le dimanche, le chef vient te chercher à la caserne et tu as l’indicible joie de passer la jourée chez lui. Parfois, alors qu’il est de service et doit retourner à la caserne, tu restes seul avec sa femme, ce qui n’est pas tellement pour te plaire. Tu es timide et sombre, farouche, et tu ne sais que lui dire ni comment te comporter.
Charles Juliet, Lambeaux (p 105) |
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