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Intégrer la langue dans les séquences d’enseignement du français en collège.

 

  Compte rendu de stage 
Animatrices :
Patricia Bennel, coordonnatrice du Groupe Langues, enseignante au collège de Pao Pao (Moorea)
Marita Argerich, professeur ressource de Français, enseignante au collège de Punaauia (Tahiti).


Participants : huit stagiaires dont trois des collèges des Marquises, une de Rangiroa, une de Raiatea, deux de Fa'a'a, un d'Hitia'a.
La composition de ce groupe est particulièrement intéressante puisque ces professeurs ont pu apporter des expériences, des questionnements très différents et représentatifs de difficultés très diverses étant donné la spécificité des élèves de collège de leurs différentes îles et des différents lieux géographiques.

Matinée du mercredi 16 février : Marita Argerich anime seule.

Tour de table : présentation et échange à propos de l’enseignement de la langue et de sa spécificité en fonction des langues en contact (plusieurs à Rangiroa).

Rappel des IO et des textes territoriaux (Charte de l’éducation) en ce qui concerne l’enseignement de la langue en collège, et du DEVOIR de tenir compte des autres langues parlées majoritairement et de la culture du pays (ou de la région).

Rappel des travaux déjà effectués sur ce sujet : (Antoine Perini, Guy Fève, Jean-Marius Raapoto, ainsi que les productions de Jean-Louis Michard présentes sur le site Itereva dans la partie « Maîtrise de la langue ». )

Mise au point au niveau terminologique : définition du bilinguisme additif et soustractif, créole, pidgin, interlangue, français langue seconde, français langue étrangère. (L’objectif étant de se comprendre parfaitement en employant les termes pertinents).

Deuxième tour de table : Il s’avère qu’un certain « parler local » franco/anglo/reo mâ’ohi est à la mode (et commence à atteindre même les Marquises !) Les collègues ont convenu que cette mode, jeu d’adolescents, n’est pas inquiétante à condition que les élèves distinguent ce « framreo » (français/américain/reo ma’ohi), du français normé (langue des examens et de la communication avec le monde extérieur) et du tahitien (langue de la culture du pays et de la communication « interne »).

Pour remédier aux problèmes crées par les interférences, les stagiaires ont demandé que soient examinées des propositions de «  petites remédiations » pour réagir immédiatement et de séances à intégrer dans les séquences d’enseignement.

Présentation par Marita (membre de la première heure) du Groupe Langues, des travaux, des objectifs et des questionnements de ce groupe.

Lecture et premiers commentaires d’une séquence de 2004 du Groupe Langues.

Séquence de 6ème intitulée Récits de Métamorphose et Légendes.

Pause de midi (mais d’abord rapide réponse à un petit questionnaire écrit sur les attentes et les expériences des collègues).



Après-midi du mercredi 16 février

Reprise de cette séquence. (désormais les deux animatrices sont présentes)

Bref retour sur la façon de travailler du Groupe Langues et de sa recherche de sens dans l’étude la langue : ici on profite de récits de métamorphose pour parler des transformations à la voix passive. Le parallèle est toujours fait avec les structures du tahitien et la culture du pays (Les métamorphoses étudiées sont celles évoquées par Ovide mais aussi celles de Maui…)

Proposition d’un travail à dominante langue sur le verbe à partir de six poèmes de Jacques Prévert :
Ce pourrait être une séquence de fin de 6ème, alors qu’on aurait déjà travaillé sur la poésie « classique ». La langue simple, « quotidienne »» de Prévert permettrait de parler de la conjugaison, de constater les différents emplois des modes en français (mis à part le subjonctif), de faire des rappels sur « avoir » et « être » (qui n’existent pas en tahitien). Il est évident, qu’au moins pour le professeur une mise au point serait faite sur les structures différentes dans les deux langues. Mais dans ce cas précis le corpus resterait celui des textes de Prévert (ce qui n’empêcherait pas de travailler ensuite sur des poèmes courts de Turo Raapoto, par exemple, en parallèle avec le professeur de tahitien).

Patricia fait des propositions de séances. Elles sont discutées.

Elaboration ensemble d’une séquence d’enseignement à dominante langue, à partir de ce corpus.

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Matinée du jeudi 17 février

Suite et fin de ce travail sur cette séquence (qui sera mise au clair puis retravaillée avec l’assentiment des stagiaires) par le Groupe Langues.

Travail sur des propositions de remédiation en 6ème :
En fait les points évoqués recoupent les difficultés intrinsèques de la langue française et les points d’achoppement du français et du tahitien, tout cela adapté aux programmes de 6ème. Il est réaffirmé la nécessité de travailler à partir de la connaissance de l’API (alphabet phonétique international).

-Travail transversal, par toutes petites touches sur les sons [õ] et [ã], par exemple à l’occasion de travail sur les formes verbales (voir une fiche du Groupe Langues).
-Le verbe, sa spécialisation en français (à la différence du tahitien). Travail sur la notion même de conjugaison (elle n’existe pas en tahitien)
-Travail sur le temps et l’aspect (rôle des adverbes).
-Les notions de genre et de nombre pour les noms et les adjectifs qualificatifs.
-Le pronom personnel.
-COD et COI (en tahitien il n’y a pas de COD).
-La notion d’attribut du sujet donc de verbe d’état et spécialement le verbe être.
-La nature des mots (bilan de fin d’année).

Après-midi du jeudi 17 février


-Bilan de ce travail sur la remédiation.
-Lien entre ces propositions de remédiation et les programmes.
-Questionnement sur la meilleure façon de traiter le programme, non seulement les questions de langue mais aussi de lexique compte-tenu des spécificités locales. Nécessité de tests élaborés en Polynésie en complément des tests nationaux.

Bilan du stage (tour de table puis par écrit)

Les participants ont été très satisfaits, les animatrices aussi. Beaucoup d’apports de tous, une grande richesse aussi liée à la diversité de  « provenance » de ces collègues, à leurs expériences. Les professeurs de français/tahitien ont beaucoup apporté dans la réflexion sur les confusions ou incompréhensions liées aux différences de structure des deux langues. Deux collègues venus de France sont repartis en disant qu’ils allaient s’initier à la langue polynésienne de leurs élèves, au moins pour en comprendre les structures.

[ Présentation du stage effectuée par l'animatrice Patricia Bennel]

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