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Stage MAT-LET CB du 26 au 28 novembre 2001
Hao (Tuamotu)
Stage d'établissement, cadre blanc.

  
  Compte rendu de stage  

Animateur : Jean-Luc Picard, conseiller pédagogique de français.
Stagiaires : Véronique Akimoff, Florence Barthes, Joël Maau, Frédéric Deudon, Christian Boissier.
Objectifs : Adaptation des programmes de mathématiques et de français à la "réalité" polynésienne.

                             Plan
  1. 1ère journée :
    Difficultés de l'enseignement du français au collège de Hao.
  2. 2e journée :
    Français et mathématiques
  3. 3e journée :
    Construction de deux séquences

   1ère journée   

Les problèmes que pose l’enseignement du français au collège de Hao et la mise en œuvre des programmes.

a) les difficultés

Les difficultés des élèves telles que les expriment les enseignants : Les difficultés qu’éprouvent les enseignants : Remarques :
Les évaluations de 6° ne sont pas utilisées par les collègues.
Aucune concertation n’est organisée avec les CM2 de l’atoll.

Suggestions :

Réflexion menée ensemble sur un problème fondamental : La restauration de l’image de la communication..

Ces élèves n’ont souvent pas de vrais échanges dans les familles. Les échanges sont purement utilitaires. Beaucoup de familles estiment avoir rempli leur devoir parental en nourrissant les enfants. Les oncles ou tantes, qui dans les anciennes familles élargies étaient chargés de l’éducation proprement dite, sont absents dans les nouvelles familles.
Le travail sur la communication est un travail de tous les jours en classe (pas seulement en français) : ne pas se contenter du mot phrase, du geste verbal. Montrer que le langage sert à évoquer des situations passées ou futures. La communication ne se résume pas à désigner ce que les interlocuteurs ont devant les yeux. En classe : faire raconter, demander de justifier ses opinions, exprimer ses sentiments ou décrire ce qui n’est pas là sont des formes de discours à développer de la 6° à la 3° pour que les enfants non seulement atteignent les objectifs du programme mais puissent mener une vie autonome qui ne sera pas étroitement conditionnée par l’environnement.
Le stagiaire polynésien présent au stage a su donner des exemples précis de ce que vivent les enfants dans les familles et dans certains atolls très isolés.

b) les évaluations

Communication des résultats du collège.

Travail sur les cahiers d’évaluation.
Etude détaillée des items qui ont posé des problèmes aux élèves. Par exemple : le repérage dans un texte des informations sans que le questionnaire suive l’ordre d’exposition adopté par le texte, le problème de l’implicite, les textes qui appartiennent à l'univers culturel européen, la difficulté de certaines questions peu claires (la tableau sur les matériaux à plier, à couper…). On exprime le regret que les items qui ont permis de vérifier les compétences de base ne portent que sur la lecture.
L’évaluation de la production finale n’est pas facile: trop d’items pour une seule production.
Les enseignants ont découvert que les élèves ne se trompaient pas où ils le croyaient et que certains élèves qu’ils avaient catalogués comme mauvais avaient montré de la finesse dans certaines réponses.

Travail sur les propositions de remédiation

c) utilisation des séquences proposées sur le site itereva

Critique des séquences

Ces séquences proposées en vidéo-projection ( la connexion du collège à internet n’est pas encore fiable) ne sont pas des modèles mais des exemples. On peut s’en inspirer, on doit les adapter. Menées en Polynésie, elles sont accessibles. Elles mettent l’accent sur la lecture (l’œuvre complète) et l’écriture (de nombreux exercices d’écriture). La place de l’oral, essentielle, demande à être développée.
Critiques des séquences par les stagiaires.
Mise en évidence de la place de la langue dans les séquences.

Réflexions sur ce qui fait la cohérence d’une séquence et son utilité pour les élèves.

On insiste sur l’intérêt que présente, pour les professeurs, l’accès aux ressources des sites de la discipline et aux documents du web. Malheureusement pour l’instant les connexions des atolls ne sont pas toujours fiables.

Intérêt d’internet pour les îles :
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   2e journée   

Langue française et langage mathématique

a) La lecture des consignes

Les enseignants de mathématiques montrent la part qu’a la langue dans la compréhension des problèmes. La lecture des consignes est une bonne illustration des difficultés éprouvées par les élèves.

Exercices de remédiation à mettre en place pour aider les élèves à repérer les verbes d’action, les impératifs, ce qui est important et ce qui est accessoire, l’implicite...

Quelques exercices faciles à mettre en place : écrire la consigne d’un exercice fait, écrire la consigne pour tracer une figure qu’on a sous les yeux …. Ecrire une consigne pour réaliser un problème dont on n’a que les calculs sous les yeux (l’habillage d’un problème).

Les enseignants de français évoquent les erreurs rencontrées lors des défis lecture (surtout sur les consignes de jeux) : nécessité de confronter les élèves avec ce qu’ont induit leurs consignes d’écriture. On écrit pour être lu et les consignes doivent être claires pour que la tâche demandée soit bien exécutée. Les échanges entre élèves et entre classes sont primordiaux pour mesurer l’efficacité de la consigne écrite.


b) L’aide que les mathématiques peuvent proposer au professeur de français.

Les mathématiques aident à travailler les étapes du raisonnement et la clarté de la progression.
Même si démontrer n’est pas argumenter ou persuader, la démonstration mathématique est formatrice pour les élèves parce qu’elle les entraîne à procéder par étapes bien marquées, liées entre elles.

Les mathématiques entraînent les élèves à raisonner dans un univers dont a défini les règles de fonctionnement. Il y a une rigueur dans l’exploitation des hypothèses qui peut se servir de modèle. On peut, par exemple, quand on travaille sur le délibératif, se mettre d’accord sur les prémisses : « Si je tue mon futur beau-père.... , si je renonce à ma vengeance... », (Le Cid). « Si je livre le bandit Gianetto..., si je ne le dénonce pas... » (Mateo Falcone) Une fois admise, l’hypothèse de départ doit être exploitée avec cohérence et rigueur.


c) Les mots pouvant induire en erreur

Communs aux deux domaines, au langage mathématique et à la langue française, certains mots peuvent faire tromper les élèves. Par ex. « hypothèse » dans son sens courant en français renvoie à une explication possible, une cause possible (Ex : « ma voiture ne démarre pas parce que ma batterie est déchargée »). En mathématiques, l’hypothèse, nous venons de le voir, est ce qui est admis au départ, la donnée de base. Autre exemple de mot trompeur : « la hauteur » désigne en français la dimension verticale ou le caractère de ce qui est élevé. En mathématiques, c’est le segment de droite perpendiculaire au côté d’un triangle.

L’inventaire de ces mots peut être fait avec les élèves.

Pourquoi cette différence entre « langue » et « langage » ? Il faut souligner l’ambition qu’ont les mathématiques : proposer un code univoque où l’approximation et l’ambiguïté sont exclues. Les mathématiciens doivent cependant se servir de la langue française pour expliquer leurs recherches. C’est la polysémie que rejettent les mathématiques qui fait la richesse de la langue et lui donne son pouvoir d’évocation.



d) La transformation

Ce qui intéresse le professeur de mathématiques comme le professeur de français, c’est le processus de transformation alors que l’élève vise le résultat.
En mathématiques, le résultat n’a aucune valeur sans les étapes qui y conduisent. On valorise le raisonnement. Les élèves, aidés de leurs calculettes, produisent souvent des résultats et s’étonnent du manque d’intérêt des professeurs pour ce qu’ils ont trouvé.
On assiste un peu en français à un phénomène similaire. Mis dans l’obligation de raconter, les élèves vont rapidement à la fin de l’histoire (ou du raisonnement) alors que le professeur est justement attentif au processus de transformation qui permet de passer d’une situation initiale à une situation finale.
Ex1 : quand on demande de raconter une bagarre. Après de rapides préparatifs, les récits des élèves s’attardent sur la fin du combat, négligeant les phases de l’affrontement.
Ex2 : les métamorphoses sont très rapides quand les élèves de 6° les racontent. Ils ont Ovide au programme...
On peut s’appuyer pour travailler le processus de transformation en 6° sur des réalisations dont ils sont friands : séries télévisées ou livres de la série Animorphs, Éditions Gallimard Jeunesse, Collection Folio Junior. Titres : L'invasion, Le visiteur etc.(plus de trente titres).
Alors que l’élève, surtout le jeune élève, recourt au coup de baguette magique ou au coup de calculette pour aboutir au résultat, l’enseignant, lui, attend l’enchaînement des différentes étapes qui vont conduire à l’état final.

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   3e journée   

Construction de deux séquences

Le collège de Hao propose aux professeurs une dizaine de livres disponibles en séries. Le choix est donc réduit pour faire lire et travailler des élèves en grande majorité pensionnaires.

Deux projets de séquences on été retenus parce que les livres étaient disponibles en séries : La journée a été consacrée à l’élaboration de ces deux séquences.

Fin du stage.

Les stagiaires insistent sur leur isolement et regrettent le manque de fiabilité d’Internet.
Ils semblent avoir apprécié le travail fait en commun, notamment celui sur les séquences, car il a permis de faire découvrir une partie importante du travail du professeur de collège aux enseignants qui viennent d’une autre discipline (musique) ou d’un autre type d’établissement (lycée ou CETAD).

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[ Bilan de stage effectué par l'animateur.]

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