Rapport du Jury - Polynésie Française
Résultats chiffrés:
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SERIE |
L |
ES |
S |
SMS |
STT |
STI |
HOT |
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MOYENNE
95 (rappel) |
7 |
6,75 |
7,6 |
7,56 |
7,45 |
6,9 |
5,88 |
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MOYENNE
96 (rappel) |
7,2 |
7,4 |
7,5 |
9 |
8,1 |
7,7 |
7,6 |
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MOYENNE
97 |
6,9 |
7,2 |
7,2 |
7,3 |
7,8 |
7,4 |
7,6 |
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note
la plus haute |
16 |
16 |
16 |
16 |
15 |
18 |
14 |
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note
la plus basse |
2 |
3 |
3 |
4 |
3 |
3 |
5 |
Les copies de philosophie de cette année présentent des caractéristiques semblables à celles que le rapport de 1996 avait relevées: certaines manifestent des qualités méritoires de méthode et de culture, reçoivent une notation correspondante, et prouvent qu'il est possible, à la condition d'un entraînement régulier et d'un investissement sérieux, de réussir cette épreuve - et même de la réussir brillamment (voir page précédente les tableaux des notes); d'autres, au contraire, témoignent un manque de travail évident, et une ignorance coupable, surtout en section littéraire, tant des règles élémentaires de la méthode de la dissertation ou de l'explication de texte que des références les plus banales dans le domaine de l'histoire de la philosophie ou même dans celui de la culture en général.
Répétons donc, contre un préjugé qui semble aussi tenace que répandu parmi les candidats au baccalauréat, que la réussite en philosophie ne tient pas à l'arbitraire des notes ou des humeurs du correcteur, ou encore au contenu aléatoire des sujets proposés le jour de l'examen, mais résulte bien plutôt de l'élaboration, par l'élève et grâce à une étude suivie, de techniques d'argumentation et de rédaction, ainsi que de capacités d'analyse des problèmes philosophiques et de mobilisation des connaissances acquises pendant les cours ou lors de lectures personnelles. Pour exprimer cette idée de façon plus directe et triviale: le travail est nécessaire - et payant - en philosophie comme dans les autres disciplines.
SERIE L
Les lacunes évoquées ci-dessus sont hélas présentes dans de nombreuses copies de cette section :
1. le sujet n’est pas du tout, ou pas suffisamment, analysé, ce qui provoque souvent, inévitablement, des hors-sujets, des contresens, des incompréhensions ;
2. les analyses sont superficielles et expéditives, les argumentations pauvres ou même inexistantes (abus des exemples) ;
3. les références philosophiques sont rares ou allusives - mis à part les inévitables clichés du « cogito ergo sum » et du « homo homini lupus » ;
4. les références culturelles plus générales sont aussi rares ;
5. les devoirs sont désespérément courts, ou répétitifs ;
6. les connaissances dispensées pendant les cours sont peu, ou pas du tout, utilisées.
Les bonnes copies prouvent, une fois de plus, que ces lacunes ne constituent pas une fatalité, et qu’il existe des élèves qui, grâce à leurs efforts, ont su les surmonter ou les éviter.
Sujet 1: « la conscience morale est-elle naturelle à l’homme ? »
Le manque d’interrogation véritable sur le sens du sujet est ici fatal : beaucoup de candidats n’ont pas su - ou pas pu - analyser les deux notions de « conscience morale » et de « nature », et n’ont donc pas compris la question posée. Il est quand même regrettable de constater que de nombreux élèves de terminale, littéraire de surcroît, ignorent ce qu’est la conscience morale, et qu’ils aient bénéficié de cours sur les problèmes éthiques n’est pas le plus inquiétant : il semble que cette notion devrait faire partie d’une culture générale minimale chez les jeunes de cet âge. Certaines copies - qui n’étaient pas parmi les plus mauvaises ! - proposent une réflexion la plupart du temps maladroite sur la conscience au sens psychologique ou métaphysique du terme - d’où la référence fréquente au fameux « cogito », souvent mal compris ou mal explicité d’ailleurs. De la nature humaine il n’est bien sûr pas question. Ne paraissait pourtant pas inaccessible à un élève attentif une interrogation sur la question de savoir si tout homme possède spontanément une sorte de « compas » - pour utiliser la formule de Kant - qui lui permette de distinguer le bien et le mal.
Sujet 2 : « l’œuvre d’un artiste dépend-elle de son temps ? »
Ce sujet, comme l’année dernière, porte sur l’art, et ne devrait guère présenter de difficultés, tant sa formulation est classique. Pourtant, là encore, force est de constater que certains élèves ont un sens de la langue tellement peu développé - pour ne rien dire de leur capacité à analyser le sujet - qu’ils comprennent ici la notion de « temps » comme celle de « durée », et se demandent si la qualité de l’œuvre dépend du temps, plus ou moins long, que l’artiste lui a consacré. Par contre, peu de réflexions sur les conditions sociales ou historiques de la création artistique, ou la prétention éventuelle du Beau à l’éternité.
On peut déplorer aussi, notamment, là encore, dans cette série, l’indigence de la culture artistique des élèves, qui semblent incapables de citer quelques oeuvres réelles à l’appui de leurs analyses ; le seul exemple proposé est, le plus souvent Guernica de Picasso, et l’art semble se limiter à la peinture.
Sujet 3 (explication-commentaire de texte)
Les problèmes de méthode, cette année encore, s’ajoutent ici aux problèmes de compréhension : l’étude ordonnée se réduit à une énumération sans liens d’idées souvent mal comprises et aussi mal explicitées, la dynamique de l’argumentation de l’auteur n’étant pas perçue ; il semble également difficile pour les élèves de dégager l’intérêt philosophique du texte, c’est-à-dire de s’appuyer sur la thèse proposée en l’occurrence par Rousseau pour développer une réflexion plus générale concernant le problème classique, sans doute évoqué en classe, de la sociabilité naturelle de l’homme, ou, pour paraphraser à nouveau Kant, de son « insociable sociabilité ».
La culture historique et politique des candidats est, ici encore, bien pauvre : l’exemple quasiment unique est celui du nazisme, qu’on invoque pour prouver le caractère « indépassable » de « l’instinct de méchanceté » de l’homme.
SERIE ES
La grosse majorité des candidats a choisi le deuxième sujet (sur l’art), sans doute parce que ce sujet renvoie clairement à une notion du programme, et semble renvoyer à une problématique classique étudiée en cours (celle de la prétendue fonction imitative de l’art). Une autre raison probable de ce choix est la difficulté du premier sujet et du texte.
On peut déplorer cette année encore la brièveté et la pauvreté alarmantes des devoirs de cette série : peu d’élèves éprouvent le besoin d’utiliser une deuxième copie double, et les références philosophiques comme les arguments sont d’une indigence insigne. Ici sont particulièrement valables les remarques formulées plus haut en introduction.
Sujet 1: « pourquoi un fait devrait-il être établi ? »
Peut d’élèves ont choisi ce sujet, et encore moins l’ont à peu près correctement compris. Beaucoup de copies sont même complètement hors-sujet. Les candidats n’ont pas vu qu’il s’agit d’un sujet d’épistémologie, qui les invitait à s’interroger sur les raisons de la nécessité d’une fondation rationnelle des données empiriques, en elles-mêmes incapables de constituer une connaissance. Ils n’ont d’ailleurs même pas compris le sens des notions de « fait » et d’ « établissement » , alors que pourtant ils ont bien dû avoir un cours sur la philosophie des sciences ou de la connaissance, qu’ils ont bien dû entendre parler par exemple de la critique cartésienne de l’empirisme dans le célèbre passage du « morceau de cire », de la constitution, chez Bachelard, de l’« expérience première » comme obstacle épistémologique, ou tout simplement de la critique historique des documents.
Sujet 2 : « s’il y a une beauté naturelle, rend-elle l’art inutile ? »
Si beaucoup de candidats ont choisi ce sujet, sans doute pour les raisons indiquées plus haut, les devoirs ne sont pourtant, la plupart du temps, pas très bons - les élèves ne s’attendaient peut-être pas à avoir deux années de suite un sujet sur l’art.
Le sujet, ici comme ailleurs, est rarement analysé dans sa formulation exacte, on n’aperçoit pas le présupposé de l’affirmation de l’existence d’une beauté naturelle, ni le rapport entre ce présupposé et la question de l’utilité de l’art. On traite alors ces deux problèmes séparément, ce qui donne lieu à des réflexions, superficielles et décousues le plus souvent, sur la fonction imitative de l’art, qu’on remet rarement en cause, et sur les multiples « utilités » ou usages de l’art : mémoire collective, facteur d’évolution culturelle , ou même instrument thérapeutique de « sublimation des névroses ».
Les correcteurs ont été également étonné non pas tant par le fait que le mot « art » semble être féminin pour beaucoup d'élèves que par l'absence quasi générale de théories philosophiques de référence: Hegel n'est jamais cité, Platon l'est quelquefois de façon allusive et Kant ne l'est la plupart du temps qu'à travers la citation, devenue incantatoire, selon laquelle l'art n'est pas la représentation d'une belle chose, etc. Les références artistiques sont tout aussi pauvres que dans les copies de la série L sur le même thème, et elles semblent se réduire au triptyque Vénus de Milo, Joconde et Guernica. Pas d'exemples - ou si peu - empruntés à la poésie, à la musique ou au théâtre, qui auraient pu pourtant singulièrement éclairer et enrichir la réflexion.
Sujet 3 (explication-commentaire de texte):
Ce texte, extrait des Lettres (VII), porte sur le problème de la légitimité du « droit de résistance », thème assez inhabituel chez Platon, en tout cas peu abordé sans doute dans les cours évoquant la philosophie platonicienne; on comprend, dans ces conditions, que ce sujet ait paru difficile aux rares élèves qui l'ont choisi, et que les prestations n'aient pas été très convaincantes. Les candidats, au lieu en effet de s'attacher à lire le texte et à en comprendre la pensée en elle-même, c'est-à-dire en faisant abstraction de ce qu'ils savaient par ailleurs de la philosophie politique de Platon, ont essayé de plaquer leurs connaissances préalables sur le texte, d'interpréter celui-ci en fonction de celles-là, et l'exercice, c'était inévitable, n'a la plupart du temps pas réussi.
Il serait sans doute souhaitable, en tout cas dans les séries ES ou S, eu égard aux difficultés rencontrées par beaucoup d'élèves dans la lecture et la compréhension d'un texte philosophique, que les textes du sujet 3 soient choisis de telle sorte que la connaissance éventuelle, par les candidats, de la pensée de l'auteur constitue davantage un atout, une aide, qu'un handicap ou un inconvénient.
SERIE S
Les correcteurs, une fois encore, ont noté le nombre important de copies courtes (souvent pas plus de trois pages) et superficielles, à la lecture desquelles on peut même se demander si les élèves qui les ont écrites ont jamais suivi un cours de philosophie - pour ne rien dire des lacunes concernant la méthode. L'interrogation et l'argumentation sont absentes, remplacées par des platitudes sans intérêt ou, au mieux, par des références télévisuelles. Les bonnes copies, pour être hélas plus rares, n'en existent pas moins, elles concernent les trois sujets, et dénotent bien sûr un travail solide et intelligent. Une certaine dispersion statistique des notes vers le haut et le bas donnerait à penser que beaucoup de candidats ont décidé ou bien de s'investir sérieusement dans la préparation de l'épreuve de philosophie - et leurs notes montrent qu'ils ont eu raison de le faire -, ou bien de faire carrément l'impasse sur cette épreuve - leurs notes montrent avec autant de netteté la vanité de leur croyance en un hasard éventuellement heureux. Ce phénomène, s'il venait à se confirmer, serait évidemment fort inquiétant, et on peut souhaiter que le présent rapport puisse au moins contribuer à le faire régresser un peu.
Les copies semblent se partager entre les trois sujets, avec une légère avance pour les deux premiers. Le texte, on le verra tout à l'heure, a rebuté de nombreux candidats qui l'ont sans doute trouvé trop difficile.
Sujet 1: « le passionné est-il ennemi de lui-même? »
Ce sujet, classique et somme toute assez facile, a souvent donné lieu à des devoirs décevants, parce que les élèves lui ont substitué des problématiques voisines, mais différentes, comme « les passions sont-elles nécessairement mauvaises? », ou « avantages et inconvénients des passions ». Peu de candidats, en effet, se sont donné la peine d'analyser - ou d'essayer de le faire - l'expression « ennemi de lui-même », pourtant centrale ici.
La notion même de "passion" est souvent mal comprise, ce qui est quelque peu étonnant, pour une notion du programme, sur laquelle les élèves ont bien dû avoir un cours. Les moins mauvaises copies proposent une analyse exclusivement psychologique de la passion, analyse hélas constituée davantage de clichés que des résultats d'une observation authentique ou de la lecture d'oeuvres littéraires - sans parler des références philosophiques: quelques allusions à la conception cartésienne (d'ailleurs pas toujours reconnue comme telle), à Hegel bien sûr (éternel poncif du "rien de grand dans le monde ...), à Kant, plus rarement encore à la philosophie grecque antique, sans pourtant que ces références permettent aux candidats d'échapper à la dichotomie évoquée plus haut (avantages et inconvénients), et d'ébaucher une analyse de la notion d'aliénation, ou des rapports entre la passion d'une part, et la raison, l'action, ou la liberté d'autre part.
Sujet 2: « A quoi peut-on reconnaître la vérité? »
Les mêmes maladresses quant à la méthode et les mêmes lacunes quant aux connaissances philosophiques incitent les élèves, pour ce sujet, au glissement du problème effectivement posé dans ce libellé - celui des critères de la vérité, particulièrement intéressant pour des élèves de la série S - à une analyse psychologique du menteur ou à une réflexion rapide et sans grand intérêt sur l’établissement de la vérité judiciaire, à une confusion donc entre l'erreur, le mensonge ou le faux témoignage.
Peu de copies évoquent le critère de l'évidence, sans le rattacher d'ailleurs, le plus souvent, au contexte de la philosophie cartésienne, et beaucoup pratiquent l'assimilation certes commune, mais néanmoins erronée, de la vérité à la réalité. Les notions de cohérence logique ou d'adéquation entre l'esprit et les choses sont quelquefois évoquées, mais rarement explicitées. La vérité est même parfois implicitement confondue avec la justice, ou encore le Bien, sans doute, comme le pense un correcteur, par réminiscence d'un cours sur le livre VII de La République (la référence n'est bien sûr pas faite)! La notion de « reconnaissance » n'est quasiment jamais prise en considération, elle non plus.
Sujet 3 (explication-commentaire de texte):
Ce beau texte de Kant a visiblement posé problème aux candidats qui l'ont choisi, sans doute parce que, contrairement à celui proposé en série ES, la connaissance préalable de la pensée de l'auteur était sinon nécessaire, en tout cas bien utile. Cet extrait de l'opuscule Sur le lieu commun: « cela est bon en théorie, mais ne vaut rien pour la pratique » (1793, troisième partie) contient en fait les idées centrales de la philosophie kantienne de l'histoire, sans la référence à laquelle le texte est en lui-même peu intelligible à un élève moyen de terminale. Quelques élèves ont malgré tout manifesté une certaine connaissance des conceptions éthiques de Kant, et ont pu s'en servir pour éclairer tel aspect du texte - ce qui a été bien évidemment apprécié par les correcteurs. Mais ne pouvait-on pas attendre quand même des élèves qui avaient eu un cours sur cette philosophie kantienne de l'histoire, voire qui avaient étudié en classe L'idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique (certains étaient dans ce cas) qu'ils aperçoivent par exemple dans ce texte une réflexion sur la valeur pratique de l'idée de progrès ou sur l'insuffisance des arguments empiriques contre cette idée et celle du devoir moral, ou même le thème, présent également dans cette dernière oeuvre (troisième proposition), du sacrifice des générations.
Une dernière remarque: on peut s'étonner que la note explicative proposée en bas de page pour définir le mot "pragmatique" donne justement une définition erronée: « pragmatique », chez Kant, ne veut pas dire « utilitaire », comme il est faussement indiqué, mais « relatif aux règles de la prudence », qui sont de simples conseils pour atteindre le bonheur, et que Kant distingue, notamment dans ce texte, à la fois des impératifs techniques de l'habileté (qui fournissent des règles à l'art) et des impératifs de la moralité (qui seuls sont catégoriques et qui constituent, en tant que tels, des lois qui obligent la volonté). Il est bien entendu qu'on ne saurait exiger des élèves qu'ils connaissent ces subtilités de la philosophie kantienne, mais il n'est peut-être pas non plus nécessaire d'induire en erreur, par de fausses définitions, ceux qui pourraient néanmoins en avoir quelque idée.
SERIES TECHNOLOGIQUES
Comme c'est le plus souvent le cas dans les séries technologiques, la majorité des candidats a choisi le troisième sujet - qui hélas n'était pas facile, qui était même trop difficile. Sinon les correcteurs font les remarques habituelles: gros problèmes de langue dans beaucoup de copies, peu de culture philosophique (même par rapport à des exigences modestes pour ces séries), mauvaise maîtrise de la méthode, donc revues d'opinions, affirmations péremptoires, multiplications d'exemples, relevés descriptifs, ...
Les copies de STI présentent les mêmes caractéristiques, accentuées encore, ces copies ne dépassant la plupart du temps pas vingt lignes.
Sujet 1: « L'homme est-il naturellement artiste? »
Beaucoup de copies étudient séparément les notions de « nature » et d'« art », au mieux, car le plus souvent le terme « naturellement » n'a pas été analysé, ni donc compris: les devoirs hors sujet sont nombreux, les élèves récitent même parfois un cours sur l'art, sans se donner la peine d'essayer de lire le sujet. Quelques rares copies parviennent à dégager la question de la part d'inné et d'acquis dans l'oeuvre d'art (créée ou contemplée), mais en restent à des analyses allusives et vagues, consistant le plus souvent à opposer ces deux termes de façon irréductible. La notion de génie n'est quasiment jamais ne serait-ce qu'évoquée, encore moins celles de style ou de technique artistiques. Même constatation que pour les séries L et ES quant à la pauvreté de la culture artistique des élèves.
Sujet 2: « La technique peut-elle tenir lieu de sagesse? »
Peu de candidats ont choisi ce sujet, les copies qui l'ont traité en font comprendre la raison: la mauvaise maîtrise de la langue dans ces séries est telle que l'expression « tenir lieu de » n'a en général pas été comprise. Là encore il faudrait que les commissions chargée du choix des sujets proposent, pour les séries technologiques, des formulations simples. Certaines copies, heureusement, ont évoqué le problème des inconvénients de la technique (sans éviter bien sûr les clichés classiques sur ce sujet), et ont de ce fait rencontré incidemment le problème de la sagesse.
Les meilleurs devoirs parviennent à cette idée que la technique peut en même temps constituer un facteur de croissance économique et d'aliénation pour l'homme - sans que le traitement de cette idée hélas ne se fasse autrement que par un inventaire d'exemples ou une suite d'affirmations non examinées.
Sujet 3 (explication-commentaire de texte):
Ce texte de Spinoza était sans doute trop difficile pour des élèves de ces séries, tant du point de vue du fond, des idées, que de celui de la langue elle-même. Par exemple les candidats n'ont en général pas compris la phrase pourtant simple en apparence: « ils ont conscience de leurs actions et sont ignorants des causes par où ils sont déterminés ». Beaucoup même confondent cause et conséquence et écrivent notamment « les causes qui en résultent »! Par où on retombe sur un problème de maîtrise de la langue, ou même, ce qui est plus inquiétant, sur un problème de maîtrise de la logique ou de l'abstraction.
Les hors-sujets sont nombreux, une partie des élèves ont cru voir dans ce texte une réflexion sur la liberté - alors que la dernière question (3°) leur montrait clairement qu'il s'agissait bien plutôt d'une analyse des causes de l'erreur. Celle-ci est d'ailleurs souvent assimilée à la faute, ce qui n'aide pas les élèves à comprendre de quoi il est question. De l'ignorance on ne parle nulle part - ou presque.
La réponse à la première question se réduit la plupart du temps à une simple paraphrase. Il est en fait désolant de constater, une fois de plus, que les questions censées aider les élèves dans leur travail d'explication du texte ne peuvent même pas jouer ce rôle, tant est déficiente, chez ceux-ci, la maîtrise de la méthode et de la pensée philosophique.
ORAL SECOND GROUPE
TOUTES SERIES
Les constatations des examinateurs varient selon les centres de correction, mais on peut dans l'ensemble distinguer trois catégories de candidats: certains ont visiblement bien préparé l'épreuve, et sont capables d'expliquer assez correctement l'extrait qui leur est proposé, éventuellement à l'aide des questions que le professeur pose pour guider leur travail; ces candidats obtiennent une bonne ou une assez bonne note, qui leur permet de rattraper une nombre appréciable de points par rapport à l'épreuve écrite. D'autres, moins nombreux semble-t-il, n'ont pas travaillé, et même parfois n'ont visiblement pas lu les oeuvres présentées. La dernière catégorie est composée d'élèves qui ont appris, quelquefois même par coeur, une présentation générale de l'auteur et de l'oeuvre, mais qui sont incapables d'exploiter ces connaissances pour faire une étude suivie et pertinente du texte précis qu'ils ont à expliquer le jour de l'épreuve. Les notes sont dans ce cas moins mauvaises que celles des élèves de la deuxième catégorie, mais elles ne peuvent pas néanmoins être satisfaisantes, on le comprendra sans peine.
On peut tirer de ces quelques constatations l'idée de la nécessité d'une part de préparer méthodiquement les élèves, pendant l'année, à cette épreuve orale dont les modalités sont particulières et différentes de celles de l'épreuve écrite, et d'autre part de prendre le temps, le jour de l'épreuve, d'aider les candidats par un questionnement précis et systématique - l'expérience montrant que les élèves ne parlent d'eux-mêmes guère plus de cinq à dix minutes. Les candidats pourront alors montrer l'étendue de leur culture et leur capacités de réflexion.
OEUVRES DE PHILOSOPHIE
ETUDIEES EN CLASSE TERMINALE
ANNEE 1996 - 1997
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LPG |
L1 |
Platon: La République, I ; Descartes: Les Méditations, I et II; Kant: Qu’est-ce que les Lumières? |
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L2 |
Epictète: Manuel; Rousseau: Du Contrat social, livre I; Kant: Qu’est-ce que les Lumières? |
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ES1 |
Platon: Le Banquet. |
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ES2 |
Rousseau: Du Contrat social, livre I. |
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ES3 |
Platon: Le Banquet. |
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S1 |
Rousseau: Du Contrat social, livre I. |
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S2 |
Kant: Idée d'une histoire universelle. |
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S3 |
Kant: Idée d'une histoire universelle. |
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S4 |
Platon: Le Banquet. |
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STT 3 |
Au choix de l’élève : Platon : Apologie de Socrate (extrait) ou Sartre : L’existentialisme est un humanisme (extrait). |
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LPT |
L |
Platon : Hippias majeur ; Rousseau: Du Contrat social, livre I ; Bergson: La pensée et le mouvant, « la perception du changement », I. |
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S1 |
Bergson: La pensée et le mouvant, « la perception du changement », I. |
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S2 |
Platon : Hippias majeur ; Kant : Fondements de la métaphysique des moeurs. |
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ES |
Bergson: La pensée et le mouvant, « la perception du changement », I. |
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LPTAR |
L |
Aristote: La Politique, I; Descartes: Les Méditations, I et II; Rousseau: Du Contrat social, livre I; |
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ES1 |
Descartes: Les Méditations, I et II. |
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ES2 |
Epicure : Lettre à Ménécée. |
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S |
Rousseau: Du Contrat social, livre I. |
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LUT |
L1 |
Descartes: Discours de la méthode, I, II et III; Nietzsche: Ainsi parlait Zarathoustra, prologue; Sartre: L'existentialisme est un humanisme. |
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ES |
Sartre: L'existentialisme est un humanisme. |
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S |
Sartre: L'existentialisme est un humanisme. |
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LAM |
L1 |
Platon: Le banquet; Epicure: Lettre à Ménécée; Rousseau: Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, I. |
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ESa |
Platon: Le banquet. |
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ESb |
Platon: Le banquet. |
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ESc |
Epictète: Manuel. |
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Sa |
Epictète: Manuel. |
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Sb |
Epictète: Manuel. |
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Sc |
Epictète: Manuel. |
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POM |
L |
Platon: Le Banquet; Machiavel: Le Prince, chapitres 15 à 19 ; Rousseau: Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (extraits). |
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S |
Platon: Le Banquet. |
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